L'Atlantique, notre poubelle nucléaire oubliée, se réveille

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chtimi054
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L'Atlantique, notre poubelle nucléaire oubliée, se réveille

Message par chtimi054 »

L'Atlantique, notre poubelle nucléaire oubliée, se réveille

Au large de nos côtes, dans le silence glacial des abysses, un cimetière nucléaire oublié refait surface. Des milliers de spectres d'acier rouillé, abandonnés il y a plus de quarante ans, commencent à livrer leurs secrets toxiques.
Image La mission scientifique Nodssum a exploré une zone de stockage de déchets nucléaires à 4 700 mètres de profondeur dans l'Atlantique. Les chercheurs du CNRS ont observé 3 355 barils sur 163 km², dont beaucoup sont éventrés et déversent leur contenu. Si la radioactivité globale mesurée reste faible, des niveaux supérieurs aux attendus ont été détectés près de certains fûts, confirmant une fuite active.

C’est une véritable archive toxique que les scientifiques viennent de rouvrir. Entre mai et juin, la mission Nodssum, pilotée par le CNRS, a plongé au cœur d’une zone située à 1 000 km à l’ouest de Nantes, dans les plaines abyssales.

Sa mission était de documenter l'état des plus de 200 000 barils de déchets radioactifs immergés par plusieurs pays européens jusqu’en 1982, date de l’interdiction de cette pratique.

À bord du navire Pourquoi pas ?, une trentaine de chercheurs ont utilisé le sous-marin habité Nautile pour s'approcher au plus près de ce cimetière sous-marin.

Quelle est l'ampleur de cette décharge radioactive sous-marine ?

La mission a cartographié plus de 3 350 fûts sur une zone d'étude de 163 km², ce qui ne représente qu'une infime fraction du site de déversement total qui s'étend sur 14 500 km².

Ces barils reposent à une profondeur de 4 700 mètres, dans une pression et une obscurité extrêmes. C'est un héritage de décennies de gestion légale (on supposait alors qu'il n'y avait pas de vie à ces profondeurs) mais peu scrupuleuse des rebuts de l'industrie nucléaire.
Image Ce chiffre donne le vertige et ne constitue qu'un simple aperçu. La campagne océanographique de 2025 avait déjà permis une première cartographie, mais cette nouvelle mission a permis des observations directes et des prélèvements cruciaux.

Le travail ne fait que commencer pour évaluer l'étendue réelle de cette pollution dormante et comprendre son évolution après un demi-siècle passé sous les flots.

Dans quel état les scientifiques ont-ils trouvé ces fûts nucléaires ?

Le spectacle filmé par le sous-marin est à la fois spectral et fascinant. De nombreux barils sont décrits comme « éventrés », leurs contenus, un mélange de résine, de bitume ou de ciment, s'échappant et se répandant sur les sédiments.

Le géologue marin Javier Escartin dépeint un contraste saisissant : « On voit des poissons, des étoiles de mer [...]. Des fûts sont posés là, au milieu de cette faune depuis plus de quarante ans ». Le symbole jaune de la radioactivité est parfois encore visible sur le métal rongé par la rouille.
Image Pire encore, la vie s'est adaptée à cet environnement toxique. De grandes anémones sont fixées sur les cylindres, des crustacés s'y promènent. Cette colonisation biologique pose une question fondamentale sur le transfert des contaminants dans la chaîne alimentaire abyssale.

La vie s'est adaptée à ce tombeau toxique mais les conséquences à long terme sont encore totalement inconnues pour l'écosystème.

Faut-il s'inquiéter du niveau de radioactivité mesuré ?

La réponse est nuancée, et c'est là que réside toute la complexité du problème. Les mesures réalisées à bord du navire montrent une radioactivité globale faible.

Comme le résume avec une pointe d'ironie Patrick Chardon, spécialiste au CNRS : « Nous ne sommes pas à Tchernobyl ». Cependant, les instruments ont bien détecté des niveaux d'activité supérieurs à ceux attendus à proximité immédiate de certains fûts, confirmant la présence de radionucléides (atomes instables qui émettent des radiations) caractéristiques de ces déchets.

Il n'y a donc pas de risque immédiat pour les populations humaines, mais la véritable inquiétude porte sur une contamination lente et insidieuse. Les échantillons d'eau, de sédiments et d'organismes vivants prélevés vont maintenant être analysés en laboratoire.

L'enjeu est de quantifier précisément la dispersion de ces éléments toxiques et de modéliser leur impact sur les écosystèmes profonds sur le long terme.

Quelles sont les prochaines étapes pour comprendre cette pollution abyssale ?

Cette mission marque donc le début d'une longue investigation. Les prochains mois seront consacrés à l'analyse minutieuse des centaines d'échantillons et des téraoctets de données visuelles collectés.

Les scientifiques chercheront à comprendre les mécanismes de transfert et de transport des radionucléides dans l'océan profond, une science encore balbutiante.

L'autre grand objectif sera d'identifier l'origine de certains barils en analysant leur conception et leur contenu. Cette "archéologie nucléaire" pourrait permettre de retracer les responsables de cette pollution historique.

Finalement, l'océan, loin d'effacer nos erreurs, nous les conserve intactes, nous rappelant que même dans les abysses, rien ne disparaît jamais vraiment.

merci à GNT
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Paletta
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Re: L'Atlantique, notre poubelle nucléaire oubliée, se réveille

Message par Paletta »

Hélas, s'il n'y avait "que" ça. C'est sans compter les millions de tonnes de munitions et d'explosifs des guerres passées, de déchets chimiques, du fuel et mazout, marées noires, des millards de tonnes d'épaves toutes plus polluées l'une que l'autre; des milliards de saloperies que la noble race humaine balance sans la moindre vergogne quotidiennement, créant des "océans" de plastiques, une acidification des océans (qui attaque déjà toute vie maritime). Il n'y a pas à dire, "les humains" mériteraient une sévère correction pour tous les dégâts que nous causons. Une chose est certaine, la faune, la flore; les générations futures ne nous remercieront pas.
Désolé d'avoir gâché cette journée par ma réaction, c'était juste pour compléter (la réalité) de la poubelle océanique.
Passons un bon dimanche malgré tout.
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