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Euro-Office veut remplacer Microsoft 365, mais OnlyOffice crie au vol
Euro-Office, coalition de 8 entreprises européennes (IONOS, Nextcloud, etc.), lance une suite bureautique open source fork d'OnlyOffice pour concurrencer Microsoft 365 avec une version stable prévue cet été.
OnlyOffice accuse Nextcloud et IONOS de violation de licence AGPL v3 pour avoir supprimé les attributions de marque, un conflit qui expose les tensions juridiques autour des forks en open source.
Le projet incarne le paradoxe européen : prétendre à la souveraineté numérique en se basant sur le code d'une entreprise russe, trois jours avant une bataille légale publique.
Résumé généré par IA
Une coalition d'entreprises européennes vient de lancer Euro-Office, une suite bureautique open source qui ambitionne de concurrencer Microsoft 365. Le problème, c'est que le projet est un fork d'OnlyOffice, et ce dernier accuse Nextcloud et IONOS de violer sa licence.
Un projet présenté au Bundestag
Euro-Office a été dévoilé le 27 mars à Berlin, directement au Bundestag. Derrière le projet, on retrouve huit organisations européennes : IONOS, Nextcloud, Eurostack, XWiki, OpenProject, Soverin, Abilian et BTactic.
L'idée est de proposer une suite bureautique capable d'éditer documents, tableurs et présentations, avec une compatibilité Microsoft complète, le tout sous contrôle européen.
Plutôt que de repartir de zéro, la coalition a choisi de forker le code open source d'OnlyOffice, jugé plus moderne et performant dans un navigateur que les alternatives dérivées de LibreOffice. Une préversion est d'ailleurs déjà proposée sur GitHub, et la première version stable est annoncée pour cet été.
OnlyOffice accuse de violation de licence
Et voilà que ça se complique. Deux jours après l'annonce, OnlyOffice a publié un billet de blog accusant Nextcloud et IONOS de violer les conditions de sa licence AGPL v3.
Le reproche est précis : Euro-Office aurait supprimé toutes les références à la marque OnlyOffice, alors que la licence impose de conserver le logo et les attributions dans les travaux dérivés. Ces conditions supplémentaires ont été ajoutées en mai 2021 via la section 7 du fichier LICENSE.txt.
Côté Nextcloud, on se défend en affirmant que les forks font partie de l'ADN de l'open source. L'entreprise dit avoir consulté Bradley M. Kuhn, le créateur de la licence AGPL, qui soutiendrait leur position "à 100 %".
La Free Software Foundation serait aussi de leur côté. Nextcloud avance par ailleurs que la collaboration directe avec OnlyOffice était compliquée, la société étant basée en Russie.
La souveraineté numérique en toile de fond
Le timing n'est pas anodin. Partout en Europe, des administrations et des entreprises cherchent à réduire leur dépendance aux outils américains.
Euro-Office arrive avec un argument fort : une suite bureautique développée et hébergée en Europe, sans dépendance vis-à-vis d'acteurs non européens. C'est exactement ce que réclament plusieurs gouvernements depuis des années.
C'est quand même un drôle de démarrage pour un projet censé incarner la souveraineté numérique européenne. On lance une alternative à Microsoft en se basant sur le code d'une entreprise russe, et trois jours plus tard on se retrouve avec une accusation de violation de licence sur les bras.
Le fond du débat juridique est intéressant : est-ce qu'on peut forker un logiciel AGPL et retirer les mentions de la marque originale ?
Euro Office fork de OnlyOffice
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Re: Euro Office fork de OnlyOffice
Le vrai sujet, que l’article ne développe pas, c’est la capacité d’Euro-Office à évoluer sans OnlyOffice. C'est la pérennité dans le temps long qui est la clef du succès, créer un fork c'est à la portée de tout le monde
- Qui fera les mises à jour majeures ?
- Qui corrige les failles de sécurité ?
- Comment gérer les nouvelles fonctionnalités et compatibilités ?
Même si le fork rend le code “techniquement européen”, la base reste OnlyOffice, une entreprise russe. En termes d'image publique, c'est terrible après avoir tant claironné sur une multitude de sanctions contre la Russie. D'ailleurs, c'est peut-être à ce niveau que pourrait apparaitre un problème de légalité ?
C'est un début intéressant, mais quel aveux de faiblesse
"𝓛𝓮 𝓭𝓸𝓾𝓽𝓮 𝓮𝓼𝓽 𝓵𝓮 𝓬𝓸𝓶𝓶𝓮𝓷𝓬𝓮𝓶𝓮𝓷𝓽 𝓭𝓮 𝓵𝓪 𝓼𝓪𝓰𝓮𝓼𝓼𝓮"
