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Lookup : un site fermé, trois adolescents interpellés

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chtimi054
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Lookup : un site fermé, trois adolescents interpellés

Message par chtimi054 »

Lookup : un site fermé, trois adolescents interpellés
Image Trois adolescents interpellés, une plateforme fermée et des données saisies : l’enquête française sur un lookup éclaire le commerce des informations personnelles compromises et leur exploitation. ZATAZ alerte depuis des années sur ce business malveillant !

Créée en mars 2026, la plateforme revendiquait 730 millions de lignes indexées et plus de trois millions de requêtes. Saisi le 15 mai 2026 par la section J3 du parquet de Paris, l’Office anti-cybercriminalité a procédé, le 6 octobre, à l’interpellation de trois administrateurs et à la fermeture du service. Ces moteurs de recherche, appelés « lookups », facilitent la consultation et le rapprochement de données personnelles provenant notamment de cyberattaques. ZATAZ alerte sur ce phénomène depuis plus de cinq ans et avait présenté ce type site dans une enquête sur YouTube. Certains services observés par ZATAZ exploitaient également des accès directs à des ressources d’organisations.
Image Des données compromises rendues facilement consultables

Un lookup transforme des fichiers dispersés en un outil de recherche. L’utilisateur saisit, par exemple, un nom et un prénom pour retrouver les informations disponibles dans les sources réunies par la plateforme. Selon leur contenu, les résultats peuvent comprendre une adresse électronique, un domicile, une date de naissance, des coordonnées bancaires ou un numéro de sécurité sociale.

L’indexation constitue le cœur du service. Elle permet de retrouver rapidement des éléments et de les rapprocher d’informations provenant d’autres fichiers. Une fuite informatique peut ainsi continuer à être exploitée longtemps après sa diffusion, au fil de son intégration dans de nouveaux outils. Le Service de veille et d’investigation de ZATAZ peut vous alerter, en autre, sur la présence de vos données dans des lookup infiltrés.

Les personnes qui administrent ces plateformes ne sont pas nécessairement les auteurs des piratages initiaux. Leur activité peut porter sur la récupération, la compilation et la commercialisation des données. Les fichiers sont parfois achetés, parfois téléchargés gratuitement sur des forums où circulent des bases anciennes ou récentes.

Ces services ne viennent pas d’apparaître. ZATAZ, situe sa première observation d’un tel outil environ quinze ans auparavant. Depuis plus de cinq ans, ZATAZ alerte sur leur fonctionnement et sur les risques associés à la recherche d’informations personnelles compromises. L’un des plus étonnant que j’ai pu croiser, un lookup mis en place par des hacktivistes Ukrainiens permettant, selon eux, de tracer des agents du FSB, les services de contre-espionnage russes

Leurs adresses circulent notamment sur des forums liés à la cybercriminalité et dans des canaux de messagerie, dont Telegram ou Signal. Certaines plateformes nécessitent un accès au dark web ; d’autres sont consultables sur le Web classique.

Le modèle économique repose sur la vente de recherches. Le service démantelé proposait des abonnements ou des crédits, plusieurs modes de consultation et des options supplémentaires. Sur deux autres plateformes examinées par l’AFP, les abonnements mensuels coûtaient entre 10 et 15 euros. L’un des services observés par l’agence proposait également de demander la suppression de ses informations à partir de 11 euros. La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, a appelé les personnes concernées à ne pas payer pour obtenir ce retrait. Retrait qui est une vaste blague (ou escroquerie).

ZATAZ a aussi découvert des lookups qui interrogeaient directement des outils CRM. Ces logiciels de gestion de la relation client peuvent centraliser des coordonnées, des échanges, des contrats et des renseignements liés aux dossiers suivis par une organisation.

Quelques mois avant sa disparition, l’un des services observés par ZATAZ se connectait directement à des comptes donnant accès à des ressources du ministère de l’Éducation, de Pôle emploi ou de SFR. Notre observation nous a permis de comprendre le mécanisme d’accès (mais pas son étendue). Elle montre que certaines plateformes peuvent exploiter des sources encore accessibles, au-delà de fichiers déjà divulgués.

Des administrateurs aux usages de la plateforme

L’enquête visant le service créé en mars 2026 a débuté avec la saisine de l’OFAC (les cyber limiers de la Police Nationale), le 15 mai 2026, par la section J3 du parquet de Paris. Le 6 octobre, trois administrateurs ont été interpellés et la plateforme mise hors ligne. Il s’agit de trois adolescents de 17 ans, jusque-là inconnus de la justice.

Les volumes annoncés par le service appellent une lecture précise. Les 730 millions de lignes indexées correspondent à un chiffre revendiqué, sans établir le nombre de personnes distinctes concernées. Un individu peut apparaître plusieurs fois, dans différents fichiers ou sous plusieurs enregistrements. Les trois millions de requêtes annoncées ne permettent pas davantage de déterminer le nombre d’utilisateurs. ZATAZ avait découvert, avant les vacances d'été, un lookup affichant plusieurs milliards d'informations.

La bannière de saisie judiciaire indique que les données relatives aux administrateurs, aux clients et aux utilisateurs ont été collectées et sont en cours d’analyse. L’enquête peut donc également examiner les usages de la plateforme. Peut-être que certaines recherches ont servi, par la suite, à des actions malveillantes physiques comme des home jacking.

Entre février et octobre 2026, le parquet de Paris indique avoir engagé une dizaine d’enquêtes pénales concernant des plateformes d’agrégation de données volées. La CNIL signale également à la justice les services portés à sa connaissance et souligne leurs problèmes de conformité à la législation. L’autorité déconseille de les utiliser, y compris pour rechercher ses propres informations, faute de garanties sur l’exploitation des données saisies. ZATAZ rappelle que vous ne savez pas qui est derriére ce genre de site et que faire des recherches peut apporter des informations supplémentaires aux malveillants et cibler les personnes recherchées, vous par exemple !

ZATAZ avait proposé une visite d'un site désormais fermé dans une enquête diffusée sur YouTube. Le Cash Investigation de septembre, auquel j'ai pu participer pendant 1 ans, présente également un lookup du point de vue des pirates.

merci à ZATAZ
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