Quatre personnes ont été interpellées entre le 8 et le 11 septembre 2026 en Auvergne-Rhône-Alpes, soupçonnées d'avoir commandité des séquestrations contre des détenteurs de cryptomonnaies. Trois hommes ont piloté le réseau depuis leur cellule de prison, via les réseaux sociaux, avec l'aide d'une complice restée libre. À l'origine de l'enquête, une tentative d'intrusion armée dans l'Essonne, en mars.
On vous en parle souvent sur Clubic, en cas de fraude bancaire classique, un virement falsifié peut être bloqué ou annulé après coup par la banque de la victime. Mais jamais une transaction en cryptomonnaies validée sur la blockchain. Une fois signée depuis le portefeuille numérique de la victime, elle est irréversible. C'est pour cette raison que les détenteurs de cryptomonnaies sont des cibles privilégiées de l'extorsion sous contrainte physique.Dans l'affaire qui nous occupe ici, l'enquête est confiée à la brigade de recherches d'Évry, en co-saisine avec la Section de recherches de Paris, sous la direction d'un juge d'instruction du tribunal judiciaire d'Évry.
Trois commanditaires en détention et une complice à l'extérieur
Entre le 8 et le 11 septembre, les gendarmes de la Section de recherches de Paris ont interpellé trois hommes et une femme, avec le renfort des gendarmeries de Chambéry (73), de Sathonay-Camp et de Dardilly (69). Au moment des faits, les trois hommes purgeaient une peine de prison et pilotaient le réseau depuis leur cellule, via les réseaux sociaux. Une femme leur aurait fourni les moyens d'agir à l'extérieur, selon un communiqué de la gendarmerie. À la différence des trois commanditaires présumés, elle est seulement soupçonnée de complicité.
Lors de perquisitions menées chez les suspects, les gendarmes ont saisi du numéraire et des éléments incriminants. Le montant des sommes réclamées aux victimes n'a pas été communiqué, pas plus que l'identité des quatre personnes interpellées. Selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, les trois hommes ont depuis été mis en examen pour avoir commandité ces enlèvements.
Une tentative d'intrusion armée en Essonne
Le 10 mars, vers 6 heures du matin, deux individus masqués ont tenté de pénétrer dans un domicile de l'Essonne (91) avec des explosifs, sans réussir à entrer. À Bourgoin-Jallieu (38), les gendarmes ont interpellé peu après un homme et deux adolescents à bord d'un véhicule. Les enquêteurs ont ensuite rapproché ces faits d'une séquestration et d'une extorsion en bande organisée avec arme, commises en Seine-et-Marne. En Essonne et en Seine-et-Marne, les victimes ont été visées pour leur possession supposée de cryptomonnaies. Les suspects interpellés en mars ont été mis en examen, puis placés en détention provisoire ou sous contrôle judiciaire. En remontant les filières identifiées lors de cette première affaire, les gendarmes ont établi les responsabilités des quatre personnes interpellées en septembre.
Le vol de données, porte d'entrée vers l'agression physiqueOn vous rapportait aussi qu'Een janvier 2025, le cofondateur de Ledger David Balland a été enlevé, puis retrouvé sain et sauf après l'intervention du GIGN. Ses ravisseurs avaient réclamé une rançon en cryptomonnaies. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, des violations de données personnelles ont été recensées chez plusieurs prestataires de crypto-actifs. Les données dérobées incluent l'identité des victimes, leurs coordonnées et le montant de leurs avoirs en cryptomonnaies. À partir de ces données, les malfaiteurs identifient des cibles solvables, puis les localisent physiquement.
Cybermalveillance.gouv.fr recommande de vérifier l'identité de tout correspondant en le recontactant par une voie officielle et de conserver toute preuve d'échange suspect, mais l'organisme ne publie pas de recommandations spécifiques sur le stockage discret des cryptomonnaies ou la sécurité physique de leurs détenteurs.
Selon Le Journal du Coin, qui cite le Parquet national anticriminalité organisée, plus de 70 enlèvements et séquestrations liés aux cryptomonnaies ont eu lieu en France sur les huit premiers mois de 2026. À Évry, le juge d'instruction poursuit son enquête, sans qu'une date de procès ait été fixée.
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