Les films et docs dédiés à l'informatique et à la SF

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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique et à la SF

Message par MyPOV »

Avec ces multiples soleils :sun: amplificateurs de réchauffement, nous courrons vers une rareté de l'eau, dont des conflits géostratégiques ont déjà débuté dans quelques zones du monde.

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[162] Pumzi (2009) (imdb 7,1 / perso 10 en tant que court-métrage)

Contenu : Court-métrage de science-fiction Kényan. 35 ans après la Troisième Guerre mondiale, dite la guerre de l'eau, la communauté Maitu, totalement fermée et sous contrôle, a pour slogan : 0 % de pollution et une autoproduction d'énergie de 100%.

Avis perso : La réalisation est remarquable, notamment par son écriture cinématographique. Chaque plan, minutieusement pensé, participe à une construction où rien n'est gratuit, en particulier dans sa communication non verbale. La direction artistique, sobre mais aussi crédible pour la Tech, sert une réflexion sur une société qui constitue une extrapolation de la nôtre.

Cette communauté est née d'une nécessité de survie après la guerre de l'eau. Pourtant, cette techno-gouvernance a perdu la finalité humaine qui justifiait son existence pour ne viser que la préservation de son propre pouvoir.

Le film oppose deux chemins de l'écologie. D'un côté, un système technocratique qui recycle l'eau, produit une énergie propre et affiche des slogans de pureté environnementale, mais qui rejette en masse ses déchets hors des regards. Cela rappelle notre présent, tels ces déchets électroniques occidentaux déversés par cargos sur l'Afrique comme à Agbogbloshie, alors même que leur recyclage est pensé jusque dans ses taxes. De l'autre, Asha incarne une écologie ancestrale en lien direct avec le vivant. Son geste final n'est pas une révolte, mais un acte profondément humain : planter une graine par espoir, en osmose avec la Terre.

Tout le film est architecturé autour d'un mensonge : l'extérieur serait mort, sans vie végétale possible. C'est pourtant cette utopie technocratique qui est humainement morte. La prohibition des rêves symbolise un contrôle qui s'étend à l'intimité de l'esprit, bien au-delà de la régulation qui a fini par éteindre la parole.

Par qui, et dans quel but, l'échantillon a-t-il été fourni à Asha ? Pour vérifier qu'une terre viable existe, ou pour révéler à l'autorité que certains connaissent la vérité ? En éludant une explication, la réalisatrice place le spectateur dans la même ignorance qu'Asha. Ainsi le récit reste focalisé sur le mécanisme du pouvoir dénoncé. Si une résistance avait été incarnée ou expliquée, elle serait devenue centrale par l'opposition classique du héros face à une force du mal. En outre, le mal demeure le mal, peu importe l'existence d'une résistance. Il se révèle à Asha qui en est aussi notre révélatrice.

Mon seul doute concerne la scène d'arrestation, durant laquelle la force d'intervention casse gratuitement ; alors qu'on détruit chez l'ennemi, rarement chez soi. Très bien filmée, avec un beau découpage graphique, elle relève pourtant d'un stéréotype du cinéma d'action. C'est peut-être à la fois une démonstration de maîtrise cinématographique, et une nécessité rythmique pour l'équilibre du film.

En définitive, la réalisatrice fait confiance au spectateur. Pumzi n'explique pas directement l'intégralité de son propos. Celui-ci se construit dans l'enchaînement des images et des comportements.

Disponibilité :

Code : Tout sélectionner

En VO anglais https://youtu.be/iPD-mvR6C-M à downloader avec Vividl ou autres.

Voici des sous-titres obtenus par transcription audio et OCR, puis traduction, avec un basique chiffrement ROT13.
Merci à pboulanger pour l'aide technique sur la transcription des voix sortant des haut-parleurs.
https://pastebin.com/QnikVSCV
A décoder par exemple ici :
https://convertcase.net/rot13-encoder-decoder/
Bonus 1 : Sans formalisme, l'explication du film telle que je le comprends.
► Afficher le texte
Bonus 2 :
- Cette société est dominée par les femmes, mais sans exploitation particulière dans le narratif.
- Il est vraisemblable que le film fasse référence à certaines idées de la Prix Nobel kényane Wangari Maathai.
Modifié en dernier par MyPOV le lun. 20 juil. 2026 07:40, modifié 3 fois.
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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique et à la SF

Message par MyPOV »

On peut difficilement passer à côté d'un film écrit par H. G. Wells :)

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[163] Les Mondes futurs (Things to Come) (1936) (imdb 6,6 / perso 8 pour l'aspect historique concernant H. G. Wells)

Contenu : En 1936, une seconde guerre mondiale est déclarée. La métropole d'Everytown, entre dans une interminable guerre. En 1966, reparaît Cabal qui avait fui. Il revient imposer une société mondialisée basée sur les sciences et la paix qui va porter l'histoire jusqu'en 2036.

Avis perso : Sur le plan formel, la réalisation est une réussite à tous les niveaux pour un film de 1936. Elle témoigne d'une grande maîtrise visuelle et d'une recherche esthétique, notamment dans la représentation du monde futuriste. Je regrette cependant un jeu d'acteurs trop théâtral, ainsi que des dialogues parfois simplistes et souvent assénés.

L'histoire s'étend sur un siècle avec une temporalité narrative plutôt déséquilibrée. Elle débute dans une société traditionnelle en paix, mais inquiète d'une potentielle Seconde Guerre mondiale. Le conflit s'éternise ensuite pendant des décennies, jusqu'à faire de la guerre un état permanent et provoquer une régression de la civilisation ; cette phase m'a paru bien longue.

Sans explication, une société fondée sur le progrès scientifique surgit alors des cieux :| et apporte la paix ainsi que la prospérité à l'échelle mondiale. L'arrivée du premier avion de cet État-Monde semble à la fois presque messianique et paradoxale : ce nouvel ordre se serait construit en dehors de la guerre.

Cette nouvelle société est d'une grande pureté, y compris visuelle. Les décisions relèvent d'une rationalité scientifique à laquelle le peuple ne participe pas. C'est ici que le film devient plus subtil : la paix et le bien-être sont réels, mais l'individu n'est plus acteur de son destin. Il devient un élément d'un progrès central qui évolue au détriment des cultures locales et des aspirations individuelles.

Le film apporte ainsi une nuance importante : la population ne rejette pas la science, mais la place qui lui est dévolue face à la fuite en avant du progrès. Aucune oppression par la force ou par le travail n'est révélée ; pourtant, ce malaise suffit à provoquer une insurrection qui clôt le récit.

Wells accumule des concepts généraux. Le quotidien de cette société n'est jamais personnalisé ; même Everytown, jusque dans son nom, demeure une ville universelle. Comme le voulait son époque, le film propose des dogmes sur la vertu des sciences et du progrès, avec cependant l'idée qu'ils doivent être organisés dans un État-Monde afin de dépasser les rivalités nationales.

Les Mondes futurs est une œuvre intéressante par l'ambition de sa réalisation, son esthétique futuriste et la présentation de l'État-Monde cher à H. G. Wells, avec ses faiblesses comme la mise en œuvre quasi ex nihilo et les vertus utopiques espérées de l'humain.

Disponibilité : Il existe de multiples versions avec des écarts faibles de durées. Cela va d'une version du domaine public avec éventuellement une bande audio en français, à une version restaurée sortie en Blu-ray mais sans VF. Malheureusement la bande audio de l'une ne colle pas avec la vidéo de l'autre.

Code : Tout sélectionner

De mauvaise qualité mais en VF parmi plusieurs bandes son au choix :
https://youtu.be/eB_DxSZO6mA
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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique et à la SF

Message par MyPOV »

Le drone devient un acteur majeur de la guerre, mais depuis quand y pense-t-on ?

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[164] The Airship Destroyer (1909) (imdb 6,1 / perso 6 pour l'aspect historique)

Contenu : Film dramatique muet court (6 à 11mn suivant les sources d'information) de science-fiction mettant en scène de nouvelles armes encore imaginaires que pourrait apporter la récente aéronautique.

Avis perso : L'imagination de Walter R. Booth est surprenante dans sa manière d'explorer le potentiel de l'aéronautique à des fins militaires. Grâce à son talent pour les trucages, il met en scène des possibilités qui étaient aussi envisagées par certains ingénieurs, des écrivains d'anticipation comme H. G. Wells avec La Guerre dans les airs, et des stratèges militaires :
- Un ballon dirigeable faisant office de bombardier stratégique.
- Le bombardement de villes, qui deviendra une réalité tragique au cours du XXᵉ siècle.
- Un petit véhicule blindé armé d'un canon, préfigurant les chars qui apparaîtront quelques années plus tard durant la Première Guerre mondiale.
- Des avions de combat.
- Des combats aériens.
- Un engin volant radiocommandé destiné à détruire une cible, qui évoque le drone d'aujourd'hui.

Plus d'un siècle après sa réalisation, malgré les tragédies qu'il annonce involontairement, le film conserve une forme de naïveté propre au cinéma des premiers temps.

Disponibilité : Deux versions principales de The Airship Destroyer circulent de nos jours : une courte de 6 min très répandue et une autre de plus de 9 min. Une comparaison des plans indique qu'il ne s'agit pas d'une différence de frame rate, mais bien de coupes et d'un montage différent qui rendent le film cinématographiquement plus efficace ; je préfère cette version courte. Cependant, il se pourrait que la page Wikipedia dédiée soit erronée en la présentant comme la première version du film.

Code : Tout sélectionner

Version courte restaurée par un studio spécialisé :
https://youtu.be/3NagSoFaAwI

Version longue restaurée de façon amateur :
https://youtu.be/EwCnFZPyu64

Bonus 1 : Walter R. Booth a aussi pensé à une sorte d'autopilote, non en considérant directement un véhicule autonome, mais en imaginant un robot humanoïde comme pilote. Par contre le registre du film est tout autre, c'est une comédie très loufoque :| dont les errances de la voiture seront stoppées à coups de fusil après qu'elle soit passée par Jupiter :D
The Automatic Motorist, (Walter R. Booth, 1911)

Code : Tout sélectionner

https://youtu.be/GFiaW1wRuaI
Image

Bonus 2 : Au cours de la Seconde Guerre mondiale, une IA embarquée est explorée pour guider des armes, mais pour Intelligence Animale avec le Projet Pigeon. Il y a plein de vidéos à ce sujet.
Modifié en dernier par MyPOV le lun. 3 août 2026 12:59, modifié 1 fois.
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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique et à la SF

Message par MyPOV »

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[165] Who Am I (2014) (imdb 7,4 / perso 6)

Contenu : Film allemand dans le milieu des hackers. Benjamin, un jeune homme solitaire et passionné d'informatique, rejoint un groupe de hackers qui lui offre la reconnaissance et l'identité qu'il recherche. Sous le nom de CLAY, le groupe multiplie les actions clandestines en espérant être reconnu par le célèbre MRX.


Avis perso : Dans ce genre, la photographie est une réussite pour accompagner un montage dynamique. L'image s'appuie toutefois sur des stéréotypes convenus du hacker à capuche, des masques inspirés d'Anonymous, du criminel russe, etc. Une idée innovante consiste à éviter la représentation classique des échanges du darknet par des écrans : les protagonistes sont matérialisés physiquement lors de leurs rencontres virtuelles.

Une faiblesse du film réside dans ses dialogues. Ils adoptent souvent une forme simpliste alors que l'histoire met en scène une enquête, des services de renseignement, etc. Ces thèmes auraient pu davantage toucher un public adulte. L'informatique est également vraiment limitée. Sans exiger un réalisme technique, le film aurait gagné à montrer un semblant de vraisemblance.

Bien qu'il arrive tardivement, le retournement de situation est particulièrement réussi, évoquant Usual Suspects. Cependant, le transposer en deux temps me semble de trop.

Après réflexion, la raison de ma déception ne tient finalement pas aux libertés prises avec le hacking, mais à l'angle sous lequel j'ai abordé le film. Présenté comme un thriller, je m'attendais à un réalisme de cinéma, dans la lignée de Heat. Or Who Am I adopte un narratif proche de Usual Suspects : un personnage raconte son histoire manipulatrice à un enquêteur, avec une partie des événements restant insaisissable, entre réalité et récit.

En considérant Who Am I ainsi, certains éléments narratifs, notamment une informatique presque éludée, peuvent être vus comme secondaires. Cette précision de lecture vous offre l'avantage de savoir comment l'aborder :)


Disponibilité :

Code : Tout sélectionner

En VO avec les sous-titres automatiques, vraiment pas terribles pour cette fois.
https://youtu.be/3NagSoFaAwI

ou le télécharger avec Vividl ou autre et prendre les sous-titres :
https://www.opensubtitles.org/en/subtitles/6885094/who-am-i-fr
Modifié en dernier par MyPOV le dim. 16 août 2026 07:32, modifié 1 fois.
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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique et à la SF

Message par MyPOV »

Je me suis fait avoir :D c'est pourtant le premier film au statut de science-fiction à être nommé pour un Oscar :!:

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[166] L'Amour en l'an 2000 (Just Imagine) (1930) (imdb 5,3 / perso 6)

Contenu : Comédie populaire et musicale sur fond de science-fiction, Just Imagine propose un New York de 1980 où un homme des années 30 est ramené à la vie, tandis qu'un autre cherche à épouser celle qu’il aime. Mais, il se heurte aux règles matrimoniales du futur, qui exigent l’aval d’un juge. Pour redorer son image, il participe à une expédition aussi inédite qu’extravagante vers Mars.

Avis perso : Malgré ses gadgets et ses décors, au design d'ailleurs très inspiré de l'art déco, ce film est surtout une comédie de son temps à laquelle sont greffés quelques éléments permettant de caractériser et de moquer le futur : nourriture en pilules, machine à bébé, disparition des noms au profit de numéros, etc. La technocratie, en plein essor, est caricaturée par un mariage soumis au jugement d'un tribunal. Sur ce point, le film n'a pas vraiment tort si l'on considère le mariage dans sa globalité, jusqu'à ses parfois interminables passages au tribunal pour divorcer. Il y a tout de même une critique plus acerbe des ligues de vertu qui ont le vent en poupe aux USA ; certains dialogues sont d'ailleurs d'une surprenante contemporanéité.

Etonnamment, les Martiens ne sont pas présentés comme une civilisation futuriste avancée, mais comme une contrée lointaine, à la manière de celles qu’on imaginait encore découvrir. Le film exploite ainsi des codes visuels de l’exotisme déjà reconnus dans les milieux artistiques, notamment ceux de l’art africain, alors intégré avec succès aux spectacles parisiens, dont on retrouve ici les tenues aguichantes.

Just Imagine sort aux débuts du parlant, ce qui contribue à cette hybridation des genres, mêlant chansons, numéros de revue, science-fiction, comédie, aventure spatiale et histoire d'amour.

Au final, ce n'est pas véritablement un film de SF, ni une anticipation sur 1980, mais un reflet populaire de son époque. Il n'y a pas d'analyse profonde à en faire, ce qui n'est pas une critique en soi. C’est surtout un ovni, bien difficile à catégoriser :)

Disponibilité : Il serait disponible sur de grandes platerformes de vidéo à la demande, cependant je n'en ai aucune idée de la qualité.

Code : Tout sélectionner

Il existe de multiples versions en très basse qualité.
J'ai téléchargé celle qui m'a semblé la meilleure, en MPEG2 ici :
https://archive.org/details/JustImagine_201701
J'ai utilisé les sous-titres suivants. Une fois de plus pastebin les censure, donc ils sont codés en ROT13.
https://pastebin.com/kt88b5CY
décodage avec, par exemple : https://convertcase.net/rot13-encoder-decoder/
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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique et à la SF

Message par MyPOV »

Parce que tout a été dit, j'avais évoqué que je ne présenterais jamais de films tels que Matrix,... pour compenser, je propose la pilule rouge ;–) 3.11alpha de Matrix :)

[167] Matrix (1999) (IMDb 8,7 / perso 10)

Contenu : En 1999 apparaît Matrix, qui devient instantanément iconique pour les technophiles ; son DVD sort quelques mois plus tard.

Cependant, c'est aussi la période de l'histoire du Big Bang d'une véritable industrie sans structure, à but non lucratif, née à la base de la société et composée d'anonymes, le peuple, qui va détourner de leurs usages initiaux des technologies planifiées depuis le haut à l'échelle mondiale... Ce scénario est digne des luttes emblématiques de la science-fiction.

Alors que la concurrence est déjà présente, Microsoft développe un codec vidéo pour les évolutions à venir, notamment du haut débit. En 1998, Microsoft diffuse de façon restreinte son codec MPEG-4 Version 3 beta, qui permet d'encoder une vidéo dans un AVI. Puis Microsoft verrouille sa version finale, pour qu'elle n'utilise plus que son conteneur propriétaire ASF, avec son audio WMA.

Dès 1998, Jérôme Rota hacke le codec pour qu'il puisse de nouveau exploiter AVI, tout en ajoutant la possibilité d'associer un audio MP3. Après plusieurs versions, DivX ;–) 3.11alpha sort en 99. Du point de vue de la compression vidéo, MPEG-4 Version 3 et DivX ;–) sont quasiment identiques, notamment parce qu'ils utilisent une seule passe.

A la même période, le contexte techno est particulièrement riche en évolutions majeures :!:
- En 1998, le DVD est la nouveauté destinée à remplacer la VHS. Il commence réellement à s'imposer en 1999.
- En octobre 1999 sort DeCSS, qui permet de contourner facilement la protection CSS des DVD.
- Le haut débit grand public apparaît en 1999. Il commence à s'implanter dans quelques zones en France en 2000. L'ADSL rend alors possible le partage de fichiers de plusieurs centaines de Mo en quelques heures, via différents protocoles : FTP, IRC, Usenet, puis P2P.
- A partir de juin 1999, Napster devient un phénomène mondial en popularisant le partage de musique hors de tout contrôle. Kazaa prend le relais en 2001 en permettant le partage de tout type de fichier, puis d'autres technologies suivront.
- En 1999 sort le Pentium III, dont la puissance rend le temps d'encodage presque acceptable
.

Deux technologies plus anciennes sont également détournées :
- Le CD-R de 700 Mo devient le mètre étalon de la taille des fichiers. Ce support va contribuer au stockage, mais aussi à la diffusion du DivX hors d'Internet.
- Le MP3, déjà récemment exploité pour la musique, devient essentiel pour faire tenir un film dans 700 Mo.



Avis perso : Concernant Matrix, tout a été dit :| prenons du recul...

Le codec MPEG-4 Version 3 beta permettait déjà d'encoder un film dans un AVI, du moins pour la partie image. À mes yeux, le point crucial est sa diffusion qui devient hors de contrôle, ce qui implique une responsabilité importante de Microsoft : c'est sa technologie MPEG-4 Version 3 qui se retrouve dans DivX ;–). Que Rota réussisse son hack ou non n'aurait peut-être rien changé. MPEG-4 Version 3 beta aurait pu être exploité tel quel, puis servir de point de départ pour la réécriture complète du codec, qui donnera DivX 4.

Cependant, ce n'est pas ce seul codec qui déclenche tout, mais aussi un alignement exceptionnel de technologies développées pour d'autres raisons, sur une assez courte période allant d'environ 1999 à 2001.

Concernant l'industrie du cinéma, il est facile de penser qu'elle s'est simplement arc-boutée. Mais en 1999, le DVD est son nouveau produit, porté par une stratégie mondiale, des investissements énormes et des accords complexes. En face, la scène autour de DivX est immature en raison des multiples technologies balbutiantes, comme l'ADSL, qui ne permet pas une diffusion en ligne avec une stabilité satisfaisantes. Télécharger un DivX prend, dans le meilleur des cas, plus de trois heures. Quoi qu'ait pensé l'industrie du cinéma, il lui était impossible de changer de trajectoire, même si DivX satisfaisait chaque jour plus de monde. Ironiquement, le DVD était la matière première de ce qui lui nuisait.

Et il y a Matrix, le film parfait, par sa réalisation et son histoire, pour devenir emblématique dès les débuts. Pour les quelques personnes ayant en main ces codecs, il est difficile de résister à l'envie d'encoder un film, peut-être même au sein de Microsoft. Est-ce le premier film encodé en DivX ;–) ou, plus précisément en MPEG-4 Version 3 ? Vraisemblablement que non. Cependant, c'est une release de Matrix qui attirera Jordan Greenhall et le conduira à contacter Jérôme Rota afin de cofonder DivXNetworks en 2000.

C'est cet inconnu premier film encodé avec MPEG-4 Version 3 beta, MPEG-4 Version 3 ou DivX ;–), qui est le point zéro, mais l'histoire a besoin d'un symbole qui deviendra le remarquable hack de Jérôme Rota. Je ne propose pas une réécriture de la légende populaire de la scène DivX, mais plutôt son prequel.

Chacun a vécu à son niveau, avec cet univers s'ouvrant à lui, la sensation de Neo découvrant la Matrice 8)


Disponibilité : Comme challenge historique, j'ai voulu revoir ce qu'était un DivX ;–) 3.11alpha. Bien que le codec ait été prévu pour une autre version de Windows, il serait possible de l'installer. Cependant, pour retrouver ses sensations, je me suis contenté d'exploiter le codec MPEG-4 Version 3 de FFmpeg, qui était après tout, l'orignal de l'histoire.

Code : Tout sélectionner

Pour mon essai, j'ai encodé avec des réglages qui auraient pu être utilisés à l'époque. Le GOP est à 10s parce que c'est ce que préconisait Rota. Cela donne quelque chose de la forme suivante pour le film de 2H16 de mon test :
.\ffmpeg -i fichiersource.ext -vf "scale=512:-2" -c:v msmpeg4v3 -vtag DIV3 -b:v 780k -maxrate 780k -bufsize 780k -g 300 -c:a libmp3lame -b:a 64k -ar 44100 -ac 2 sortie_mpeg4v3.avi
Quelques captures d'écran en taille réelle dans un GIF non optimisé pour cette fois, de ce que pouvait être du MPEG-4 Version 3 pour tenir dans 700Mo :
Image


Bonus : Le fichier readme de DivX ;–) 3.11alpha
Modifié en dernier par MyPOV le ven. 11 sept. 2026 07:24, modifié 2 fois.
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Re: Les films et docs dédiés à l'informatique et à la SF

Message par MyPOV »

En cette rentrée :etudier: amputée de leurs smartphones, qu'en est-il de la SF pour les adolescents ?

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[168] Les Ados du cosmos (Otroki vo Vselennoï) (Teens in the Universe) (1975) (IMDb 6,7 / perso 7)

Contenu : Film de science-fiction soviétique. En raison d'un vol spatial interplanétaire de 27 ans, des adolescents composent un équipage afin qu'ils n'arrivent pas trop âgés. Cependant, en raison de la relativité du temps, ils restent jeunes. Ils découvrent une planète aux habitants énigmatiques alors que leur message de détresse a intrigué la Terre...

Avis perso : C'est vraiment une production pour adolescents, et non un film visant le grand public auquel auraient été ajoutés des personnages susceptibles de les intéresser. C'est une particularité du cinéma russe, qui adopte cet angle dès les années 70, bien avant l'Occident ; même Star Wars, sorti en 77, ne vise pas spécifiquement les ados. The Invisible Boy de 1957, mettant en scène un jeune garçon, fait figure d'exception.

L'histoire est bien écrite, avec un bon rythme et une mise en scène qui s'accommode judicieusement de moyens limités tout en se montrant inventive. Par contre, certaines scènes sont frustrantes. D'un côté, il y a des éléments présentant une subtilité narrative, et de l'autre, quelques passages relèvent à peine du potache :

- Ainsi pour le personnage énigmatique qui apparaît et disparaît instantanément au cours du repas, je l'interprète comme la matérialisation du garçon absent depuis si longtemps, que les membres de sa famille continuent à le faire vivre dans leurs conversations, ou au fond d'eux-mêmes. Il a les traits d'un adulte de l'âge que le fils aurait sur Terre, alors qu'il est resté jeune dans l'espace.

- Par une question simpliste les robots humanoïdes peuvent être détruits |( bien que, par leur capacité cognitive, ils ont pris le contrôle de la planète :
A et B sont sur un arbre.
A tombe, B disparaît.
Que reste-t-il sur l'arbre ?


Le film est intéressant au premier degré mais aussi sur le fond : il questionne le progrès hors de contrôle. La société délègue progressivement son pouvoir, jusqu'à laisser les machines décider à sa place de ce qui est bon pour elle.

Quel dommage que quelques gags lourds viennent par moments gâcher ce film, par ailleurs bien dosé, avec une SF faisant confiance aux jeunes spectateurs :)

Disponibilité :

Code : Tout sélectionner

YT en résolution réelle basse avec sous-titres Fr par traduction auto :
https://youtu.be/gLUFvMShlK0

Ou récupérable via Vividl ou autre, inutile d'aller au-delà du 480p,
et utiliser les sous-titres :
http://www.opensubtitles.org/subtitles/4740164
http://www.opensubtitles.org/download/sub/4740164

Il existe une version DVD de RUSCICO (Russian Cinema Council),
les versions dites HD disponibles par ailleurs ne semblent pas de meilleure qualité.
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