MaiaSpace, filiale d'ArianeGroup, a signé un contrat commercial majeur avec RIDE!, spécialiste parisien du lancement de petits satellites. Cet accord permettra d'intégrer des charges utiles auxiliaires sur le lanceur Maia, dont le premier vol est prévu pour 2027, répondant ainsi à la forte demande du marché.
Le secteur spatial européen assiste à une manœuvre commerciale audacieuse. La filiale d'ArianeGroup dédiée aux mini-lanceurs a officialisé un partenariat stratégique avec la société RIDE!, une entreprise reconnue pour son expertise dans le covoiturage de satellites. Cette collaboration, qui constitue déjà le cinquième contrat pour MaiaSpace en seulement quinze mois, est d'autant plus remarquable que son lanceur, Maia, n'a pas encore effectué son vol inaugural.En quoi consiste précisément cet accord de « covoiturage spatial » ?
L'accord repose sur un principe simple mais efficace : optimiser chaque lancement. La mission de RIDE! est d'agréger les demandes de nombreux opérateurs de petits satellites et de leur trouver une place disponible sur un lanceur. Grâce à ce contrat, RIDE! pourra désormais proposer à ses clients des créneaux à bord des futures missions de la fusée Maia, en tant que charges utiles auxiliaires aux côtés de la charge principale.
Pour la fusée Maia, dotée d'une coiffe de 3,5 mètres et capable d'emporter jusqu'à 4 tonnes en orbite basse, cette flexibilité est un atout majeur. « Maia peut s’adapter à ces différents profils de mission, et c’est exactement ce que nous recherchons », explique Valentin Benoit, directeur général de RIDE!. C'est une confirmation de la modularité promise par le lanceur.Pourquoi une telle anticipation sur un lanceur qui n'a pas encore volé ?
Cet empressement s'explique par la situation actuelle du marché des lancements. La demande pour la mise en orbite de petits satellites dépasse largement la capacité disponible. Les opérateurs doivent désormais planifier leurs missions non plus en fonction de leurs besoins, mais des rares créneaux de lancement qui s'ouvrent, avec des délais d'attente qui peuvent atteindre 36 mois, contre 12 à 24 mois il y a à peine un an.
En signant ce contrat bien avant le premier vol de Maia, prévu pour fin 2027, RIDE! offre une visibilité précieuse à ses clients. L'entreprise leur donne un accès précoce à de nouvelles opportunités, renforçant ainsi son propre portefeuille de solutions de lancement. Cette stratégie permet de contourner un goulot d'étranglement majeur du secteur.
Quelles sont les ambitions derrière ces deux acteurs français ?Ce partenariat réunit deux jeunes entreprises ambitieuses de l'écosystème spatial français. Fondée en 2020, RIDE! s'appuie sur un réseau de plus de 35 fournisseurs de lancements et a déjà mis en orbite plus de 45 charges utiles. De son côté, MaiaSpace, créée en avril 2022, incarne la nouvelle génération de lanceurs européens, alliant l'expertise de sa maison mère ArianeGroup à l'agilité d'une start-up.
Le lanceur Maia, propulsé à l'oxygène liquide et au bio-méthane, vise à offrir une solution de lancement souveraine, compétitive et réutilisable. Avec des partenaires industriels dans sept pays européens et plus de 400 collaborateurs, l'entreprise se positionne comme un acteur crédible pour renforcer l'autonomie stratégique de l'Europe face à la concurrence internationale, notamment celle de SpaceX.
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