Et si la capacité de la Terre à supporter des climats chauds avait été surestimée ? Une étude révèle que les périodes chaudes du passé étaient bien plus tempérées qu'on ne le croyait, ce qui rend notre réchauffement actuel d'autant plus alarmant.
Publiée dans la revue Nature Communications, une recherche menée par l'Université de Leeds bouscule notre compréhension du climat terrestre sur les 540 derniers millions d'années.En utilisant une nouvelle méthode d'analyse, les scientifiques ont découvert que les températures passées n'ont probablement jamais dépassé de plus de 10 °C les niveaux préindustriels, bien loin des estimations précédentes qui allaient jusqu'à +20 °C ou même +30 °C.
Contrairement aux études antérieures qui s'appuyaient sur les isotopes de l'oxygène, la nouvelle recherche suggère que des mécanismes de régulation naturels ont maintenu le climat de la Terre dans des limites plus strictes que prévu.
L'établissement d'une nouvelle vision du passé
L'équipe de recherche a utilisé une méthode appelée Chemical Index of Alteration (CIA). Elle analyse l'épuisement des éléments altérables dans des dizaines de milliers d'échantillons de roches.
En combinant ces données avec des simulations de modèles climatiques, les scientifiques ont pu reconstruire les températures mondiales passées avec une précision renouvelée. Les processus naturels de stabilisation, comme l'altération des roches, ont joué un rôle clé pour éviter des emballements climatiques.
Dirigée par Dongyu Zheng, l'approche révèle que " l'évolution et l'épanouissement de la vie n'étaient pas des accidents sporadiques, mais étaient étroitement liés à la capacité de la Terre à réguler son climat sur des temps géologiques. "
La base de données utilisée a permis de dresser un tableau beaucoup plus cohérent et modéré des anciennes périodes chaudes, remettant en question les interprétations précédentes basées sur les sédiments marins.
Quelle est la sensibilité de la Terre au CO2 ?
Une des conclusions de l'étude est que la sensibilité climatique à long terme de la Terre pourrait être plus faible que certaines estimations récentes. Cela signifie que la réaction de la température globale à une augmentation du dioxyde de carbone sur des millions d'années est peut-être moins prononcée.
Cependant, les auteurs mettent en garde : cette régulation naturelle est extrêmement lente et totalement inopérante face à la rapidité des émissions humaines actuelles.
Un réchauffement de 10 °C provoqué par l'homme, un scénario possible si toutes les réserves de combustibles fossiles étaient brûlées, nous conduirait dans des conditions que la Terre n'a peut-être jamais connues auparavant.
La situation actuelle est une course contre la montreSi les marges de sécurité naturelles de la planète sont plus étroites qu'on ne le pensait, cela signifie que nous nous approchons d'un point de bascule potentiellement sans précédent. Comprendre la tolérance à la chaleur des anciennes biosphères est important pour anticiper les impacts sur les écosystèmes d'aujourd'hui et de demain.
merci à GNT
