La NASA s'apprête à lancer une mission de sauvetage critique pour son télescope Swift. L'observatoire, vieux de 20 ans, chute dangereusement vers la Terre. Un remorqueur robotique, conçu en un temps record par un partenaire commercial, va tenter de le rattraper et de le remonter sur une orbite plus haute, prolongeant sa vie de plusieurs années.
Le compte à rebours est lancé. Fin juin, une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman décollera pour une mission absolument folle : secourir l'observatoire Neil Gehrels Swift. Ce vétéran de l'espace, en orbite depuis 2004, voit son altitude chuter bien plus vite que prévu. La cause ? Une activité solaire intense qui fait "gonfler" l'atmosphère terrestre et augmente la traînée. Sans intervention, sa destruction est quasi certaine.Pourquoi le télescope Swift est-il en train de tomber ?
L'observatoire Swift n'a aucun système de propulsion. Il est à la merci de la physique pure. Depuis des mois, une activité solaire accrue a provoqué une expansion de la haute atmosphère terrestre. Résultat : une traînée atmosphérique (atmospheric drag) bien plus forte que prévu qui freine le satellite et le tire inexorablement vers le bas. C'est une spirale mortelle que la NASA compte bien enrayer.
L'agence a réalisé que sans un coup de pouce, Swift finirait en boule de feu d'ici quelques mois à peine. Or, ce n'est pas n'importe quel satellite. C'est un outil scientifique unique, un véritable "dispatcher" cosmique qui a permis de localiser des événements parmi les plus violents de l'univers, comme des sursauts gamma ou une supernova vieille de 13 milliards d'années.En quoi cette mission de sauvetage est-elle si audacieuse ?
Neuf mois : c'est le temps qu'il a fallu à la startup Katalyst Space pour passer d'une feuille blanche à un vaisseau spatial prêt à décoller. C'est une chronologie absolument délirante dans l'industrie spatiale. Le vaisseau, nommé LINK, est un remorqueur robotique conçu pour une mission que beaucoup jugeaient impossible : s'amarrer à un satellite qui n'a jamais été prévu pour ça.
Le risque est partout. Le télescope Swift n'a aucune prise, aucun port d'amarrage. LINK devra l'agripper avec des bras robotiques, en espérant que ses couvertures isolantes, fragilisées par 20 ans de vide spatial, ne se brisent pas comme du verre. Le succès de ce sauvetage spatial repose sur un pari technologique énorme et une exécution parfaite. C'est un véritable acte de foi technologique, une démonstration que l'ingéniosité peut parfois défier les calendriers les plus serrés.Quel est le plan de vol et que se passe-t-il en cas de succès ?
Le lancement lui-même est un spectacle. Le vaisseau LINK est embarqué sur une fusée Pegasus XL, elle-même attachée sous un avion porteur Stargazer. L'avion montera à 40 000 pieds au-dessus de l'atoll de Kwajalein avant de larguer la fusée, qui s'allumera après quelques secondes de chute libre. Dix minutes plus tard, LINK sera dans l'espace. Commence alors la traque du télescope.
Après une phase de test de quelques semaines, le remorqueur manœuvrera pour approcher le télescope spatial Swift. Il réalisera une série d'opérations de proximité avant de tenter l'amarrage. Si tout se passe bien, sur plusieurs mois, il remontera patiemment l'observatoire sur son orbite initiale. Le gain ? Au moins cinq années de science supplémentaires pour un outil irremplaçable qui, autrement, était condamné.Foire Aux Questions (FAQ)
Quelle est la plus grande découverte du télescope Swift ?
Il a été essentiel pour confirmer que les éléments les plus lourds de l'univers, comme l'or et le platine que l'on trouve dans les bijoux, sont forgés lors d'événements cosmiques ultra-violents, notamment les sursauts gamma qu'il a été conçu pour chasser.
Que se passe-t-il si la mission LINK échoue ?
Si la mission échoue, ou si une forte tempête solaire accélère sa chute avant l'intervention, le télescope Swift se désintégrera sans danger dans l'atmosphère terrestre. Ce serait la fin d'une mission scientifique extraordinairement productive.
merci à GNT
