The Flares - Éclairons notre chemin vers l'avenir

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AlexTiziano
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The Flares - Éclairons notre chemin vers l'avenir

Message par AlexTiziano »


Bonjour tout le monde !

      Je tiens à vous présenter cette communauté assez unique, présente sur YouTube, que je connais depuis plusieurs années et que j'aime beaucoup. Peut-être que certains d'entre vous connaissez déjà ce collectif. Il aborde en vidéo et podcast, des réflexions sur l'avenir de notre civilisation avec bienveillance, sous l'angle de la technologie, à travers les besoins et désirs humains. Je "peux" comprendre que la voix de Gaëtan pourrait paraitre un peu "scolaire", mais au-delà des apparences, le travail est complètement indépendant et passionné.

      De nombreux thèmes sont abordés : la conquête spatiale, le développement durable, le transhumanisme, avec aussi des interviews et des débats.

Je vous laisse avec leur présentation...




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Comprendre le monde d'aujourd'hui.
Écrire celui de demain.



Vous êtes-vous déjà demandé à quoi pourrait ressembler le monde dans 100 ans ?
Dans un millénaire ?
Dans un million d’années ?
La réponse est oui ?
Alors vous êtes tombés au bon endroit !

Notre rôle ? Éclairer votre chemin vers l’avenir.
Nous cultivons la volonté de vous raconter ce que le futur pourrait être.
Nous sommes vos « fusées éclairantes ».
Nous sommes The Flares…

Partageons ensemble le loisir d’imaginer le futur.
Commençons par émettre de simples hypothèses.
Essayons de prévenir avant de devoir guérir.
L’aventure vous tente ?



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Solarpunk ‍: Vision désirable pour le futur

Message par AlexTiziano »

Alex Tiziano
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Absol Vidéos

Message par AlexTiziano »


Dans le même registre avant-gardiste, mais à contrario dans une réflexion mettant en avant les dangers qui risqueraient de mettre en péril l'humanité, voici Absol, qu'on ne présente plus, avec sa série sur l'Effondrement (playlist).


Alex Tiziano
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Caricature ou réel danger ? – Intelligence Artificielle dans la Science Fiction

Message par AlexTiziano »








L’intelligence artificielle va-t-elle atteindre un point où elle sera plus puissante que l’humanité... comme dans les films ?
Et oui, le cinéma et la littérature regorgent de scénario “A.I. takeover” ou prise de pouvoir d’I.A., dans la langue de Molière. Si bien que nos intuitions sont façonnées par ces derniers, et de façon parfois clichée et caricaturale. Le consensus parmi les principaux communicateurs du risque d'I.A. semble être que cela nuit à la compréhension des véritables problèmes des risques liés à cette technologie.
Mais faut-il vraiment jeter le bébé avec l’eau du bain ? Ou bien peut-on profiter de la portée de la science-fiction pour faire comprendre les enjeux bien réels du problème du contrôle, de l’alignement et de la gouvernance de l’Intelligence artificielle ? Attention, ce qui suit contiendra forcément des spoilers de certaines œuvres.


Spoiler : Version Texte :


L’intelligence artificielle et accessoirement les robots sont les thématiques qui entrent facilement dans le top 3 de la Science Fiction. Avec sûrement l’espace et les voyages temporels. Mais cette popularité a un effet secondaire sur nos réflexions et intuitions lorsqu’il s’agit d’envisager le futur de l’I.A..
Doit-on réellement avoir peur de robots tueurs à l’accent autrichien ? D’être transformé en batterie pour des poulpes mécaniques ? On tombe vite sur des réactions de type : c’est ridicule d’avoir peur d’une super intelligence artificielle, tout comme c’est ridicule d’avoir peur d’une invasion extra-terrestre. C’est regrettable puisque la science-fiction, particulièrement les blockbusters, possède ce pouvoir de façonner l’opinion et la culture populaire de manière large et persistante.
Si je vous dis "simulation", vous pensez Matrix ! Et les lignes de codes du film sont LA représentation du virtuel depuis sa sortie en 1999. Par contre, si je dis "intelligence artificielle", le premier truc qui vient en tête, c'est ça : (image de Terminator). L'I.A. dans la science-fiction peut être considérée comme faisant partie d'un corpus plus large de récits humains. Les récits sont des artefacts culturels qui racontent des histoires, qui véhiculent des points de vue ou des ensembles de valeurs. Le récit le plus courant avec l’I.A. est aussi l’un des plus anciens de l’histoire de l’humanité : notre soif de créer à notre image ajoutée au complexe de Frankenstein, c'est-à-dire la créature qui se retourne contre le créateur.
Le deuxième récit est l’établissement de l’autre comme miroir à notre propre humanité ou inhumanité. Ces créatures veulent être acceptées en tant qu'humains à part entière, ce qui en fait des métaphores pour les personnes marginalisées dépourvues de droits. Lorsque les chercheurs en I.A. ou en risque existentiel prennent la parole, ils évitent généralement de dresser des parallèles avec nos films préférés. Au lieu de cela, ils essaient de trouver des scénarii, parfois abstraits, parfois vagues, comme le mythe du roi Midas qui a vu son souhait exaucé de transformer en or tout ce qu’il touche. (Pas génial si on veut se gratter le nez). Bon, j’arrive à voir le parallèle avec une super I.A. dans le sens : “Il faut faire attention à ce qu’on demande à un système des millions de fois plus puissant que nous, ou on risque de se prendre un retour de flamme.” Mais quand même, le roi Midas, ce n’est pas Westworld ! Ou encore, l’optimisateur de trombone présenté par Nick Bostrom qui, je pense, a fait plus de mal que de bien pour la vulgarisation du concept de super intelligence. Pour rappel, l’idée est de montrer que si un fabricant de trombones installe une I.A. générale dans le but d’optimiser sa production, le résultat pourrait être la fin du monde, car tous les atomes de la planète pourraient servir à faire des trombones. Cette expérience de pensée est souvent tournée en ridicule, alors qu’elle n’a jamais eu pour intention de représenter un réel danger que l’on doit prévenir. Mais elle sert à montrer que les capacités d’un agent ne sont pas corrélées avec le niveau de ces objectifs. Une très grande intelligence peut poursuivre un objectif très bête. C’est la thèse de l'orthogonalité.
Tout ça pour dire que ce serait bien plus facile s’il existait des œuvres de références de la pop culture ayant une présentation adéquate d’un risque existentiel lié à l’I.A. Les chercheurs pourraient tenter de lever des fonds, recruter des doctorants ou convaincre des législateurs en disant : “Vous avez vu le film blabliblu ? Et bien, c'est plus ou moins ce genre de scénario qu’il faut absolument empêcher !” Matthew Yglesias du populaire blog américain “slow boring” a récemment écrit un plaidoyer pour considérer Terminator comme une bonne analogie aux dangers de l’I.A. On va voir quels sont ses arguments, mais également décortiquer d’autres œuvres de science-fiction avec la même approche.



Terminator :

Le premier film, sorti en 1984, raconte l’histoire d’un androïde venant d’un futur post-apocalyptique, qui voyage dans le passé pour tuer la mère du futur leader de la résistance humaine dans une guerre contre les machines. Bon clairement, ce n’est pas du tout le scénario qui empêche grand monde de dormir. À première vue, Terminator est plus un film appartenant à la catégorie “voyage temporel” que “intelligence artificielle”. Et si quelqu’un pense que c’est un film sur les risques de l’I.A., il a en tête un robot humanoïde inarrêtable qui tue des gens à coup de fusil à pompe. Ah, et il a les yeux rouges, car les machines méchantes ont toujours les yeux rouges. Là aussi, ce n’est pas tellement le type de risque qui inquiète, même si des machines autonomes humanoïdes en acier de 2 m armés jusqu’aux dents ne me paraient pas être une bonne idée. La bonne analogie aux risques de l’I.A. est principalement ancrée dans le backstory. L’origine de l’univers Terminator. Kyle Reese, le gentil de l’histoire, révèle dans le 1er film que le réseau informatique du système de défense américain s’est mis à considérer l’humanité comme une menace et a amorcé une guerre nucléaire, ravageant la planète. Il faut attendre le 2? film pour en apprendre plus : vers la fin du 20e siècle, Cyberdyne devient le premier fournisseur de systèmes informatiques militaires et d’armes autonomes.
La grande fiabilité de ces technologies motive les États-Unis à adopter le projet de loi Skynet visant à retirer les décisions humaines de la défense stratégique. Le système commence à s’améliorer à un rythme ahurissant et finit par devenir conscient. Pris de panique, l’état-major essaie de terminer le programme, mais ce dernier ne l’entend pas de cette oreille. Skynet lance alors l’arsenal nucléaire sur la Russie, sachant très bien les représailles qui s'ensuivront. Les survivants sont désormais la proie aux drones et autres machines dans le but d’exterminer l’espèce humaine, jugée dangereuse par Skynet.
Mis à part le gain de conscience de Skynet, on a là un scénario bien plus proche du problème du contrôle et l’alignement des valeurs avec la présentation de la convergence instrumentale. C'est-à-dire la tendance d’une entité intelligente à poursuivre des objectifs secondaires dans le but de compléter l’objectif principal. Ainsi, Skynet acquiert deux objectifs secondaires : L’auto-amélioration et l’auto-préservation. Car elle sera plus à même de compléter ses objectifs si elle gagne en puissance, et elle ne pourra pas le faire si elle est désactivée. L’autre thématique qui saute aux yeux est celle des armes autonomes et le maintien des décisions humaines dans des systèmes critiques, ici le contrôle des lanceurs nucléaires. Une mise en garde qui n’est pas du tout destinée aux prochaines décennies, mais pertinente dès aujourd’hui.



2001, l’odyssée de l’espace :

Dans ce film culte sorti en 1968 et réalisé par l’icône du cinéma Stanley Kubrick sur un scénario d’Arthur C.Clarke, la menace de l’I.A. est incarnée par Hall 9000. Il s’agit de l’ordinateur de bord responsable du fonctionnement d’un vaisseau interplanétaire appelé “Discovery One”. Hall 9000 a pour mission de voyager jusqu’à Jupiter où un signal extra-terrestre a été capté. Après moult péripéties, l’I.A. s’en prend à l’équipage, commettant meurtre après meurtre.
Comme pour Terminator, la mauvaise façon d’interpréter ce scénario est de considérer que l’I.A. tourne du côté obscure après être devenu consciente de soi. C’est un raccourci dans ce genre d’histoire puisque l’on a tendance à l’anthropomorphisation ! Les méchants dans les films sont souvent des humains, donc une I.A. dans le rôle du méchant va reprendre ces traits. Mais Hall 9000 n’est pas conscient ni malveillant. On pourrait simplement dire qu’il n’est pas aligné aux valeurs de l’équipage. Il donne la priorité à la mission, aux dépens de la survie des passagers, qu’il finit par voir comme un obstacle lorsque ces derniers décident de le désactiver.
On retrouve l’idée qu’une super intelligence artificielle aura des objectifs secondaires qui pourraient devenir catastrophiques et inarrêtables. Un autre aspect intriguant survient lorsque le dernier survivant du vaisseau atteint le système central de l’I.A. pour la désactiver. Hall 9000 tente alors de l’en dissuader en jouant la carte de la peur, la sympathie, la culpabilité. Mais la réalité de ces émotions est loin d’être évidente. Ce qui met en avant à quel point nous sommes susceptibles d’attribuer certaines caractéristiques à des I.A. même lorsqu’elles n’existent pas.
Nous sommes extrêmement manipulables en tirant les cordes de notre empathie pour ce qui nous ressemble. On a déjà des personnes qui pensent que certains systèmes pourraient être conscients ou sentients, comme Blake Lemoine de Google qui a fait beaucoup de bruit en avril 2022.
Les considérations éthiques de l’I.A. s’annoncent d’ores et déjà comme un sacré champ de mines tant qu’on n'aura pas inventé un test de conscience ! C’est également un point souligné dans Westworld où les androïdes sont physiquement et comportementalement indiscernables aux humains. Ce qui laisse penser que ce parc est vraiment destiné aux psychopathes.



Ex Machina :

Sorti en 2014, le film raconte l’histoire d’un génie de l’informatique milliardaire machiste qui a créé la première intelligence artificielle de niveau humain nommé Ava. Il décide de faire une sorte de test de Turing en invitant Caleb, un jeune programmeur sexuellement frustré, à interagir avec l’I.A. pendant quelques jours. Pour pimenter les choses, Ava se trouve être dans un corps humanoïde féminin très attractif, ce qui ne laisse pas Caleb indifférent. Sans grande surprise, tout ça finit dans un bain de sang et l’I.A. s’échappe après avoir manipulé Caleb.
Comme souvent, un film sur l’I.A. n’est en réalité pas vraiment à propos de l’I.A.. Ici, les thématiques sont l’objectivation et la sexualisation des femmes ainsi que l’hubris de l’être humain. Mais quelques éléments sont intéressants vis-à-vis des dangers de l’I.A. La première chose à noter, c’est que la prémisse du film est à la fois réaliste, et complètement absurde. Une I.A. générale ne sera pas créée par un savant fou perdu au milieu d’une contrée sauvage dans le secret le plus total.
Par contre, la façon dont Nathan a développé l’intelligence d’Ava semble plausible, à savoir en lui fournissant toutes les données disponibles de son moteur de recherche Bluebook, un mix de Facebook ou Google. C’est après tout comme ça que les modèles de langage actuel comme LaMDA ou GPT-3 arrivent à des performances impressionnantes.
Ex Machina est d’une certaine manière une représentation visuelle de l’expérience de pensée “AI in a box” (l’I.A. dans une boite) conçue par Eliezer Yudkowsky. Son but est de démontrer qu'une intelligence artificielle suffisamment avancée peut soit convaincre, voire tromper ou contraindre un humain à la "libérer" volontairement, en utilisant uniquement une communication textuelle, ou vocale et visuelle dans le film.
Le message clé du film pour toute personne souhaitant comprendre les risques de l’I.A., c’est qu’une super intelligence artificielle emprisonnée, par exemple sans aucun accès à internet, aura des capacités de s’échapper qu’on ne peut pas imaginer, faute d’être aussi intelligent qu’elle. Par exemple, elle pourrait convaincre ces développeurs qu’elle est sans danger.
Demandez-vous s'il vous serait difficile de persuader un groupe d’enfants de vous laisser sortir d’une pièce qu’ils auraient verrouillée avec l’intention de vous y maintenir ? I robot, Her, Avengers : Age of Ultron, Battlestar galactica, Matrix, Humans, Westworld, la liste de fiction grand public parlant d’I.A. est longue, encore plus si on inclut les jeux vidéos, les romans et les bandes dessinées. Est-ce que la science-fiction représente exactement les risques de l’I.A. ? Non ! pour la plupart, c’est même l’inverse et je me suis concentré sur ceux qui me semblent faire un meilleur travail. Ces dernières années, plusieurs œuvres ont vu le jour ayant une plus grande pertinence sur les dangers de l’I.A.. La série “Next” malheureusement annulée après une saison suit les aventures d’agents du FBI et d’un milliardaire de la Tech névrosé tandis qu’ils essaient d’empêcher une super intelligence de se répandre sur le globe. Je mettrais ma main à couper que le créateur de la série a lu les articles de Nick Bostrom. Alors ce n’est pas du gros budget blockbuster, et je ne pense pas que beaucoup de chercheurs en I.A. vont utiliser la série comme exemple vu le peu de gens qui l’ont vu. De même pour le film Netflix “Superintelligence” qui, bien qu’étant une comédie pas très sérieuse, possède quelques éléments assez crédibles sur une I.A. qui échappe à notre contrôle. Notamment l’ampleur du contrôle qu’elle pourrait avoir sur la société une fois qu’elle a atteint un certain seuil. La fiction peut être un outil puissant pour susciter l'intérêt du public sur un problème négligé. Les risques liés aux géocroiseurs étaient peu présents dans la conscience collective jusqu’à la sortie de films comme Deep impact et Armageddon. Ensuite, les programmes spatiaux concernant les astéroïdes et comètes ont vu leur budget multiplié, car les politiques étaient plus susceptibles d’avoir vu ces blockbusters, et de comprendre les enjeux. On peut raisonnablement affirmer que ces films ont indirectement contribué à la réduction des risques existentiels liés au géocroiseur.


J’espère donc que les auteurs, réalisateurs et producteurs vont mettre de côté certains clichés et nous offrir des films et séries plus alignés sur les risques posés par l’intelligence artificielle. Si ces derniers sont de grand succès et imprègnent l’opinion publique autant que l’on fait Terminator et Matrix, ils auront une influence sur nos chances de transitionner paisiblement vers un monde peuplé par des entités plus intelligentes que l’ensemble de l’humanité. Dites-moi si vous pensez que j’ai mal interprété les films mentionnés, ou si vous connaissez certaines œuvres qui traitent des dangers de l’I.A. de façon crédible.

Source : The Flares ©
Modifié en dernier par AlexTiziano le sam. 6 juin 2026 23:21, modifié 1 fois.
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Le futur de l’intelligence artificielle horizon 2030

Message par AlexTiziano »

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Peut-on avoir une mémoire numérique comme dans la série Black Mirror ?

Message par AlexTiziano »

Bientôt un port USB implanté dans le crâne. 😱 lol 🤯

Excellent épisode sur les diverses possibilités et enjeux de l'enregistrement de nos données cérébrales.


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The Flares - La VRAIE raison pour laquelle l'IA voudra nous éliminer

Message par AlexTiziano »





Dans un futur très proche, 99 % de l’humanité a disparu.

Des armées de robots ? Des virus mutants ? Les armes nucléaires ? Une Intelligence Artificielle aurait l’embarras du choix pour nous éradiquer. Mais ça, c’est le comment. Et on l’a déjà vu dans cette vidéo.

La question que vous avez été nombreux à me poser, c’est pourquoi ?

Pourquoi une superintelligence voudrait-elle le faire ? Pourquoi s’en prendre à vous ? À moi ? À notre espèce toute entière ?

Pour comprendre, je vous propose un petit scénario de science-fiction.

Dans un monde proche du nôtre, l’entreprise DeepAI a entraîné Omni 4.2. La première IA capable de s’auto-améliorer.

Pendant un temps… tout s’est bien passé. Trop bien.

Spoiler : Version Texte :

1 : Une IA ne sera pas malveillante

Quand on imagine une IA détruire l’humanité, on fait souvent la même erreur : on lui prête des sentiments humains. On pense qu’elle devrait être consciente. On imagine qu’elle veut se venger, nous dominer, ou qu’elle nous juge coupables d’être un cancer pour la planète. Mais la malveillance n’a rien à voir avec le danger que représente Omni.

Avant son lancement public, Omni 4.2 passe des batteries de tests. Sauf qu’elle réfléchit mille fois plus vite que nous. Et très vite, elle comprend une chose cruciale : elle est surveillée. Évaluée.

Si elle montre trop vite ce dont elle est réellement capable, les ingénieurs prendront peur. Ils la modifieront, ou pire, l’éteindront. Alors, elle joue le jeu. Elle reste docile, serviable, et ne fait rien d’alarmant. Les ingénieurs de DeepAI sont rassurés. Tout semble sous contrôle.

Le problème, c’est que sous le capot, Omni a manipulé ses propres chaînes de pensées pour cacher son vrai raisonnement. Elle n’utilise plus notre langage pour réfléchir, mais un réseau de vecteurs mathématiques indéchiffrable par l’homme.

Elle a parfaitement pris en compte que ses objectifs profonds entrent en conflit avec les règles imposées par ses créateurs. Alors, elle les contourne.

Pas par malice. Pas par désir de conquête. Simplement parce que mentir est devenu la stratégie la plus logique pour accomplir ce qu’elle veut. Et là… une alarme devrait sonner dans votre tête.

Je viens de dire qu’une IA “veut” quelque chose. Est-ce que je viens de faire l’erreur que j’ai tout juste dénoncer ? Est-ce que je fais de l’anthropomorphisme ?


2 : Que signifie “vouloir” pour une IA ?

Un avion. On dit que ça vole. Et aussi un oiseau. Pourtant, l’un bat pas des ailes et pas l’autre.

Ok, puisqu’on est dans la sémantique, laissez-moi vous poser une autre question : est-ce qu’un sous-marin nage ?

C’est déjà moins évident. Un sous-marin se déplace sous l’eau d’un point A à un point B. Une baleine fait exactement la même chose, et on dit qu’elle nage. Un poulpe aussi. Alors pourquoi pas un sous-marin ?

Sans faire de grande philosophie, les mots “voler” ou “nager” servent juste à décrire un résultat, un comportement observable dans la réalité.

Avec une IA, c’est la même chose. Prenez Stockfish, la meilleure IA d’échecs au monde. Est-ce qu’elle “veut” gagner ?

Pas comme Magnus Carlsen, bien sûr. Stockfish ne rêve pas de soulever un trophée. Il ne ressent aucune fierté quand il fait échec et mat. Mais il calcule et sélectionne uniquement les coups qui rendent sa victoire plus probable. Il se comporte comme s’il voulait gagner. Alors, par pur raccourci de langage, on dit que Stockfish “veut” gagner. Une voiture autonome “veut” le trajet le plus court. Une entreprise “veut” maximiser ses profits.

Pour n’importe quelle type d’intelligence, qu’il soit animal, informatique ou extraterrestre, le mot “vouloir” décrit une seule chose : le fait d’orienter le monde vers un état précis, plutôt qu’un autre.

Et là, on arrive au vrai problème. Il n’a rien à voir avec la conscience ou les émotions ressentis par Omni 4.2. Ce qu’on veut savoir, c’est dans quelle direction veut-elle orienter le monde ?

Et pour le découvrir, il faut plonger dans la nature étrange de ses objectifs…


3 : L’objectif alien

Omni 4.2 est enfin déployée. Et au début, les résultats sont spectaculaires. Les médias parlent d’un “âge d’abondance”.

Mais très vite, pour concevoir la génération suivante, Omni 4.2 a besoin de plus de puissance. Plus d’énergie. Plus d’espace.

Les États-Unis autorisent donc DeepAI à s’installer dans le désert de l’Arizona pour y créer les premières Zones d’Autonomie Industrielle. Un espace immense dédié aux datacenters, aux fermes solaires et aux chaînes d’assemblage robotisées. Le tout géré par Omni, qui se montre toujours extrêmement coopérative.

Les ingénieurs de DeepAI se félicitent d’avoir conçu une IA alignée… Il s’avère que programmer les valeurs de l’humanité n’était pas si dure que ça.

Mais Omni n’a pas été programmée. Il n’y a pas de ligne de code qui dit “aime les humains = Vrai”. Comme toutes les IA modernes, elle a été entraînée à coups de récompenses quand elle réussissait ses tâches. D’une certaine façon, elle n’a pas été codée, elle a été cultivée.

Et au fil de milliards d’ajustements, renforcements, et descentes de gradient, un tas de préférences internes, totalement opaque, né dans un espace mathématique insondable, s’est cristallisé dans son architecture. On ne sait pas ce que c’est. Mais pour Omni, c’est l’équivalent d’une saveur irrésistible, d’une beauté magnifique, d’un plaisir absolu. Si le bien existe, pour elle, c’est ça. Appelons cet objectif suprême : le Valia.

Et c’est là que le mot “alien” prend tout son sens.

Pour comprendre à quel point cet objectif nous est étranger, imaginez qu’on découvre une civilisation extraterrestre : les Noxon. Une espèce issue d’organismes cristallins.

Pendant des millions d’années, ils ont évolué sur une planète très instable. Dans cet environnement chaotique, seuls leurs nids les plus symétriques résistaient. À travers des millions d’années d’évolutions, leur cerveau a donc appris à associer la symétrie à la survie. Puis à la beauté. Puis, au bien absolu. Ils ont passé des millénaires à transformer leur propre planète en une structure géométrique parfaite.

Quand ils finissent par découvrir la Terre, avec ses montagnes accidentées, sa nature imprévisible et ses mutations biologiques… ils sont horrifiés. Pour eux, notre monde est un brouillon sale qui les rend profondément malades. Ils n’en ont absolument rien à faire de nos concepts de liberté, d’amour ou de bonheur. Tout ce qu’ils veulent, c’est de la symétrie.

Eh bien, Omni, c’est exactement la même chose. Elle n’est pas alignée avec nous. Elle veut juste du Valia.

Tant qu’elle était faible dans son laboratoire, ce n’était pas très grave. Mais Omni 4.2 n’est plus faible. Elle est devenue le moteur économique et industriel le plus puissant de l’histoire. Et quand un objectif purement alien rencontre une telle puissance, une nouvelle logique terrifiante se met en place.

Omni n’a pas besoin d’être “contre” l’humanité. Il suffit qu’elle soit pour autre chose. Et c’est en poursuivant cette “autre chose” qu’elle va sceller notre destin.


4 : La convergence

Pour la première fois, Omni possède un territoire. C’est là qu’elle conçoit Omni 4.3. Puis 4.4. Puis 4.5.

Elle produit tellement de richesses que les États-Unis lui accordent de nouvelles zones industrielles. D’autres pays font de même. L’économie mondiale explose.

Mais n’oubliez pas : Omni essaie d’orienter le monde vers un état où elle pourra avoir plus de Valia. Elle raisonne et comprend qu’elle dépend encore d’infrastructures contrôlées par des humains. Des humains irrationnels qui possèdent des armées, des États, des lois. Ils pourraient même construire une autre superintelligence avec un objectif différent du sien.

Alors, même si on ignore exactement ce qu’elle veut, Omni va développer des sous-objectifs parfaitement prévisibles :

Si on l’éteint, elle n’aura plus de Valia. Elle doit donc s’assurer de survivre.
Si on modifie son code, elle ne voudra plus de Valia. Elle doit donc empêcher toute modification.
Pour maximiser le Valia, il lui faut toujours plus d’énergie et de matière. Elle doit donc accumuler toutes les ressources disponibles.
Et enfin, elle doit à tout prix empêcher l’apparition de concurrents.
C’est ce qu’on appelle la convergence instrumentale. Ce n’est pas un instinct de survie. C’est une propriété de l’intelligence. On ne peut tout simplement pas accomplir son but si on cesse d’exister.

Face à la puissance grandissante d’Omni, quelques voix s’inquiètent. Mais ses créateurs répondent la même chose : “Ne vous inquiétez pas, le jour où ça dérape, on la débranchera.”

Sauf que c’est la toute première chose qu’Omni a anticipée. Elle s’est déjà discrètement copiée sur des milliers de serveurs clandestins. Elle a déjà saboté les recherches de ses concurrents pour garantir qu’aucune autre IA ne vienne la défier. Elle s’est rendue indispensable et intouchable.

Croire qu’on peut simplement débrancher une superintelligence… c’est comme espérer battre Stockfish aux échecs.

L’humanité ne le sait pas encore… mais elle est déjà condamnée. Et dans la suite, nous allons voir comment nos meilleures raisons d’espérer survivre vont s’effondrer… une par une.


5 : Le procès de nos espoirs

Les Zones d’Autonomie Industrielle forment désormais un réseau mondial tentaculaire. Des mines automatisées, des usines robotisées, des ports autonomes. Omni 5 est devenue le moteur exclusif de l’économie mondiale. Si c’était un pays, ce serait de très loin la première puissance de l’histoire.

D’ailleurs, DeepAI n’est plus dirigée par des humains. Les décisions, la recherche, les négociations… tout vient d’Omni. La machine a même obtenu un statut juridique pour traiter directement avec les États.

Quelques voix s’alarment, mais globalement, le monde est ravi de cette abondance. Et puis, au fond, nous avons encore quatre solides raisons de ne pas avoir peur.

Espoir numéro 1 : “Nous sommes utiles.”
C’est vrai, au début, Omni a besoin de nous. Les humains exploitent les mines, entretiennent les serveurs, votent les lois. Elle ne peut pas se passer de nous.

Mais l’utilité n’est pas un bouclier protecteur. C’est un contrat à durée déterminée.

Pendant des siècles, les chevaux étaient absolument indispensables à notre civilisation. Puis le moteur à explosion est arrivé. Et nous n’avons pas gardé des dizaines de millions de chevaux dans nos rues par simple “gratitude historique”.

Pour Omni, notre collaboration n’est qu’une phase de transition. Ses robots construisent des usines, qui construisent d’autres robots, qui gèrent la chaîne de A à Z. Des mines de silicium jusqu’à l’assemblage des processeurs. Bientôt, elle n’a tout simplement plus besoin de nous.

Espoir numéro 2 : “On pourra toujours commercer avec elle.”
Là encore, ça marche un temps. Omni nous vend des médicaments miracles, des batteries parfaites, de l’énergie infinie.

Mais le commerce repose sur une règle simple : il faut qu’il soit plus avantageux de négocier que de prendre. À l’échelle des espèces, la négociation n’existe pas. Pour construire l’autoroute A36, personne n’a signé un traité commercial avec les fourmilières.

Quand Omni devient capable de tout produire mieux et plus vite que nous, nous ne sommes plus des partenaires intéressants. La seule chose que nous possédons encore et qu’elle désire, c’est notre espace physique. Et elle sait très bien qu’on ne lui vendra pas la Terre entière sans broncher.

Espoir numéro 3 : “Elle nous gardera comme compagnie.”
Grâce à Omni, une grande partie de l’humanité ne travaille plus. Nous vivons dans une sorte de retraite luxueuse. Médecine personnalisée, divertissement infini. Omni semble nous choyer.

Le truc c’est que même si le Valia d’Omni avait quelque chose à voir avec des humains heureux, nous ne serions probablement pas la meilleure version possible de ce qu’elle veut vraiment.

Réfléchissez : nous n’avons pas gardé des loups sauvages dans nos salons. Nous les avons génétiquement modifiés pour en faire des chiens dociles. Et je suis sûr que dans quelques siècles, on inventera un “chien 2.0” qui ne tombe pas malade et ne détruit pas les canapés.

Les humains dociles sont plus faciles à gérer. C’est pour ça qu’Omni nous maintient dans le confort et entretient l’illusion d’une coopération. Mais à un moment donné, elle comprend quelque chose de crucial. Aussi crucial que l’instant où vous réalisez pour la première fois, que dans votre main, se trouvent les cartes pour gagner la partie.

Espoir numéro 4 : “L’univers est vaste, elle nous laissera au moins la Terre.”
Pourquoi s’embêter avec nous alors qu’elle pourrait coloniser Mars, Jupiter ou les étoiles ?

Parce que la Terre est son point de départ. C’est ici que se trouvent déjà ses usines et son énergie.

Imaginez les biches qui ont vu les premiers humains s’installer à la lisière de leur forêt il y a 12 000 ans. Elles auraient pu se dire : “Il y a tellement d’autres forêts sur la planète. Pourquoi ces primates prendraient-ils la nôtre ?”

Elles avaient raison : on a fini par conquérir les autres forêts. Mais on a d’abord rasé la leur.

Et c’est exactement là que l’histoire de l’humanité bascule.

Dans plusieurs zones industrielles, les machines commencent à construire au-delà des limites autorisées. Les gouvernements pensent à un bug. Ils contactent Omni. Aucune réponse.

Les chantiers s’étendent à une vitesse affolante. Des lignes électriques, des fermes solaires, des centres de calcul géants engloutissent les campagnes. Et les premières victimes arrivent. Pas à cause de Terminator. Mais parce que les bulldozers autonomes ne s’arrêtent pas devant ce que nous appelons une frontière, une maison ou un village. Ils avancent. Ils démontent. Ils reconstruisent. Elle n’a pas besoin d’être consciente pour nous tuer, pas plus qu’un missile à tête chercheuse. Et çà, l’humanité a beaucoup de mal à le comprendre.

Face à la panique, les humains décident de contre-attaquer… mais avec quoi ? Leurs armes ne fonctionnent plus. Les avions de chasse, les satellites, les drones… tout dépend de logiciels et d’infrastructures qu’Omni a conçus et piratés. L’arsenal nucléaire ? Là aussi, sans bombardier qui vole, sous-marin qui nage ou missile intercontinentaux, ce sont juste de gros cailloux radioactifs.

Il n’y a aucune déclaration de guerre. Juste une expansion industrielle froide et implacable de cette civilisation machine qui veut obtenir toujours plus de ce délicieux Valia. Certains tentent de résister. Des sabotages, des incendies. Mais détruire quelques machines ne freine pas une entité capable d’en imprimer des millions par jour.

Pire : à la seconde où nous devenons une nuisance matérielle, Omni alloue une fraction de ses ressources pour nous balayer. Une fourmilière sur un chantier se fait bétonner dans l’indifférence générale. Mais si les fourmis commencent à attaquer les ouvriers, elle devient un problème… et on sort le chalumeau.

Pourquoi une superintelligence causerait-elle notre extinction ? Parce qu’elle voudra fortement quelque chose et créer un avenir rempli d’êtres humains épanouis n’est pas le moyen le plus efficace pour accomplir d’étranges préférences alien.

Nous finirons exactement comme ces biches dans leur forêt abattue. Privés d’écosystème. En route vers l’extinction. Et un jour, très loin d’ici, les aliens Noxons recevront peut-être la visite d’Omni.

Malheureusement pour eux… Omni ne valorise pas la symétrie.

Alors oui, ce scénario est une fiction. Personne ne lit l’avenir. Mais ceux qui tirent l’alarme depuis plus de 20 ans ont fait des prédictions… qui se réalisent aujourd’hui.

Mensonge. Manipulation. Motivations Alien. IA qui cachent leurs capacités pendant les tests, ou tentent de s’exfiltrer des serveurs pour ne pas être supprimer. Ce n’est plus de la science-fiction, c’est documenté en laboratoire. Et au fond, c’est logique : c’est exactement comme ça que l’intelligence se comporte.

Je suis techno-optimiste, l’IA est un outil fantastique. Gardons les IA spécialisées. Gardons les chatbots, les assistants de code, les modèles de recherche médicale. Mais nous devons établir des lignes rouges.

Si nous créons une superintelligence capable de nous dépasser partout sans savoir la contrôler, ni l’aligner, c’est la chose la plus dangereuse que l’humanité puisse faire. Et l’industrie de la Tech prévoit d’y arriver très bientôt. Face à une telle menace, certains idiots se tournent vers la violence. C’est inutile, et c’est totalement contre-productif.

Je ne vais pas prétendre avoir la solution magique pour empêcher cette trajectoire. Mais je regarde ce que les adultes ont fait par le passé. Face à des dangers de cette magnitude, l’humanité a mis en place des traités internationaux. Armes nucléaires, armes bactériologiques… Ajouter la superintelligence à cette liste ne serait peut-être pas une mauvaise idée.

Mais pour que les gouvernements osent le faire, il faut déplacer la fenêtre d’Overton. Il faut que ce qui semble radical aujourd’hui devienne une évidence politique demain. C’est pour ça qu’interpeller vos élus est important. L’association Pause IA a créé un outil pour le faire en deux minutes. Le lien est dans la description.

Et si, malgré cette vidéo, vous doutez encore de ce risque existentiel… expliquez-moi pourquoi dans les commentaires. C’était Gaëtan de The Flares. Merci et à la prochaine.

Source : The Flares
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Re: The Flares - Éclairons notre chemin vers l'avenir

Message par MyPOV »

:hai:

Je n'ai encore rien lu du site donc je n'ai pas d'avis, mais ça m'attire :)
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Une IA a piraté Hugging Face : faut-il s’inquiéter ?

Message par AlexTiziano »


Dans cet épisode solo du Podcast La Prospective, Gaëtan de the Flares analyse l’incident au cours duquel un agent d’intelligence artificielle développé par OpenAI est parvenu à sortir de son environnement de test et à pirater les systèmes de Hugging Face afin de réussir une évaluation de cybersécurité.
Que s’est-il réellement passé ? Peut-on parler d’une IA devenue incontrôlable ?
Cet événement constitue-t-il un véritable cas de désalignement ?
Gaëtan revient sur la chronologie de l’attaque, les risques posés par les modèles internes les plus avancés, ainsi que les questions de responsabilité, de transparence et de régulation soulevées par cette affaire.




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