Piratage de la Fédération française de tir : nouveau cambriolage

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chtimi054
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Piratage de la Fédération française de tir : nouveau cambriolage

Message par chtimi054 »

Image Novembre 2025, un fichier présenté comme la liste des détenteurs d’armes en France circule à la vente dans un blackmarket. Trois mois plus tard, un licencié a été braqué chez lui, neuf armes et des munitions ont été volées. Le pirate continue sa vente !

Retour sur cette affaire qui fait frémir les propriétaires d’armes, membres de la Fédération française de tir. Pour rappel, un blacknaute propose depuis novembre 2025 une base de 1 002 951 lignes contenant des personnes en France licenciés (250 000) ou ayant été licenciés (750 000) à la FFT. L’intrusion, qui a eu lieu entre le 18 octobre et le 20 octobre, a peut-être permis de scrapper (exfiltrer) des données. Les données concernent : numéro de licence, l’état-civil, l’adresse postale, l’adresse mail et le numéro de téléphone. La Fédération Française de Tir ne dispose pas de données relatives à la détention d’armes, bilan, un cambrioleur ne peut pas savoir si un licencié posséde une ou des armes, ainsi que des munitions, via cette fuite.

Trois mois plus tard, et selon France Info, un nouveau cambriolage, fin décembre 2025, a permis à des voleurs de mettre la main des armes et des munitions.
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Le 29 décembre, le vendeur communique sur les résultats d’une de ses ventes.
Un commerçant qui sent la poudre

Ce qui frappe, c’est la mise en scène. La base n’est pas écoulée « en vrac », mais au détail : par ville, par catégorie, jusqu’au ciblage nominatif. Une fuite devient un service. Un acheteur n’a plus à trier, il choisit. Un territoire, un nom, une adresse.

Le vendeur, lui, soigne la vitrine. Il affiche les articles qui parlent de sa « vente », comme on encadre une revue de presse. La médiatisation n’est plus un risque : elle devient un argument. Une manière de dire que le fichier existe, qu’il circule, qu’il « tient ». À ce stade, on n’est plus seulement dans la fuite de données, on touche à la démonstration de force et, potentiellement, à l’intimidation.

Le plus glaçant, c’est l’usage revendiqué. Dans une mise à jour, il met en avant un cambriolage, présenté comme la preuve que les données servent. Si la base est réelle et si son contenu correspond à ce qui est annoncé, cette revendication vaut aveu d’intention : le vendeur sait exactement à quoi peut servir un fichier d’adresses. Et il choisit d’en faire un élément marketing. Même logique pour les « preuves » ajoutées au fil du temps : échantillons, captures, validations. Sur ces marchés, la confiance ne se promet pas, elle s’exhibe.

Le dossier rapproche cette mécanique d’un fait rapporté par Franceinfo. Le butin, lui, raconte un scénario précis : neuf armes, 1 300 cartouches, 11 000 € en espèces. Ce n’est pas un hasard, c’est une cible. Dans une lecture cyber et renseignement, l’intérêt d’un fichier d’adresses n’est pas l’information brute, mais la certitude qu’il procure : où aller, quoi chercher, quand passer à l’acte, comment éviter les erreurs. La donnée ne remplace pas le terrain, elle le rend plus sûr.
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Des pirates annoncent attendre la diffusion des données volées.
Le 29 décembre 2025, après les révélations de Franceinfo, le vendeur dit avoir mis en vente plusieurs villes. Il écrit, noir sur blanc, que « lors d’une de ces ventes, les données ont été utilisées dans le cadre d’un cambriolage » et que « la base de données est toujours en vente, par ville, par personnes ciblées ». Le message est calibré. Il vend de la proximité. Il vend du prêt-à-l’emploi.

Et puis il y a la dimension politique, glissée comme un hameçon. Le vendeur affiche des noms, Marine Le Pen, Jordan Bardella. Qu’il s’agisse d’une réalité, d’un mélange, ou d’un simple levier marketing, l’effet recherché est le même : faire monter la valeur, attirer l’attention, installer la peur. Dans un calendrier électoral sensible, ce type d’affichage n’est jamais neutre. Il transforme une revente clandestine en outil de pression, et, à sa façon, en opération d’influence.

merci à ZATAZ
gege68
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Re: Piratage de la Fédération française de tir : nouveau cambriolage

Message par gege68 »

Oula, pas cool… Il y a vraiment du travail à faire pour sécuriser ce genre de structures.
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NéoCore
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Re: Piratage de la Fédération française de tir : nouveau cambriolage

Message par NéoCore »

gege68 a écrit : mar. 6 janv. 2026 09:04 Oula, pas cool… Il y a vraiment du travail à faire pour sécuriser ce genre de structures.
En fait quand tu vois comment c'est sécurisé, c'est juste une blague. Le jour où le SIA (Système d'information sur les armes) va tomber, là ça va vraiment faire mal. Et c'est juste une question de temps je pense.
Le gros problème dans ce domaine, c'est que énormément de licenciés sont d'un certain âge, pour ne pas dire vieux, et dans tous les cas, même les plus jeunes, ne sont pas à l'aise du tout avec l'outil informatique. Déjà avec une authentification très basique, la grande majorité galère à l'utiliser. Rien que de connaître son adresse e-mail avec son mot de passe est une mission.
Etant moi-même tireur sportif, je vois bien dans mon club, que rien qu'à l'idée de devoir utiliser un ordinateur les rend malade, tu vois leur visage se décomposer et la panique s'installer.
Jusqu'à il y a deux - trois ans, tu pouvais tout faire par papiers et courriers via la préfecture ou la sous-préfecture. Mais depuis la mise en place du râtelier numérique tout a été informatisé.
Le simple fait de bien sécuriser correctement ces plateformes (Double authentification ou autre) les rendraient inutilisable par au moins 70% des licenciés je pense, du moins dans mon secteur. Et ce n'est malheureusement pas exagéré. Même quand tu leur demande de te montrer quelque chose sur leur smartphone ils mettent une plombe à le trouver, s'ils le trouve...
Juste petite précision, je ne me moque aucunement de ces gens, c'est juste la réalité pour bien comprendre le contexte par rapport à la sécurité des ces structures. Je pense que c'est très compliqué à gérer tout en essayant de faire au mieux pour que tout le monde arrive à se connecter à ses plateformes et à les utiliser, car il n'y a plus moyen de passer outre.
(Problème de sécurité par rapport aux comptes des utilisateurs, indépendamment des infras)

Edit: J'oubliais le sujet principal de ma réponse... :$
Mais ça revient à la même constatation au final. Il y a encore quelques années, le site internet de la Fédération française de tir était encore géré et maintenu par des amateurs et bénévoles de la fédération si mes sources sont bonnes.
Ayant souvent accès à EDEN (le site ayant été piraté) et au SIA, tu vois et te rend compte que ça n'est pas fait et géré avec le sérieux et le niveau nécessaire. Le gouvernement avait donné une date de sortie et de mise en ligne de ce nouveau dispositif numérique pour la gestion des licenciés et des armes, alors que rien était encore prêt. Gros bugs déjà au départ, bon ça arrive, mais il n'y a vraiment rien qui allait comme ça devait marcher. Donc petit à petit tu voyais qu'ils bricolaient pour faire tourner les sites tant bien que mal, mais je pense que la sécurité n'était pas encore à l'ordre du jour, la priorité était déjà d'avoir des sites fonctionnels étant donné que tout devait passer par là maintenant. Donc j'espère qu'ils vont prendre la sécurité au sérieux et faire en sorte d'avoir des infrastructures solides :)
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