Maintenant, les Googlers protestent contre les accords cloud de la firme avec les entreprises pétrolières

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chtimi054
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Maintenant, les Googlers protestent contre les accords cloud de la firme avec les entreprises pétrolières

Message par chtimi054 » jeu. 7 nov. 2019 07:19

Maintenant, les Googlers protestent contre les accords cloud de la firme avec les entreprises pétrolières,

Selon eux, les objectifs de l'entreprise pour le climat ne sont pas suffisants

Les employés militants de l’environnement chez Google reviennent à la charge et vont plus loin dans leur requête adressée à leur employeur. Dans la dernière flambée de protestation chez le géant américain de la technologie, plus de 1 100 travailleurs ont demandé à Google de ne pas poursuivre les accords avec les compagnies pétrolières et gazières qui « permettent ou accélèrent l'extraction des combustibles fossiles ». Dans une lettre envoyée lundi à Ruth Porat, chef de la direction financière, et publiée le même jour, ils ont demandé à Google de publier un « plan climat pour l'ensemble de l'entreprise » qui s'engage à réduire entièrement les émissions de carbone.

Le lettre demande que Google publie un plan où il s’engage à atteindre les objectifs zéro émission d'ici 2030, zéro contrat qui permet ou accélère l'extraction des combustibles fossiles et aucun financement pour les groupes de réflexion, les lobbyistes et les politiciens qui nient toutes les preuves de la dégradation du climat. Des lettres antérieures du personnel d'Amazon et de Microsoft ont également insisté sur ces trois mesures. Les employés de Google ont ajouté un nouvel objectif : ils exigent que Google mette fin à ses collaborations avec des entités permettant l'incarcération, la surveillance, le déplacement ou l'oppression des réfugiés.

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Selon Bloomberg, l'unité de Cloud computing de Google a divulgué, depuis 2017, des contrats avec le géant des services pétroliers Schlumberger Ltd, Chevron Corp. et le groupe énergétique français Total SA. Aussi, Aramco d'Arabie Saoudite, la plus grande compagnie pétrolière du monde, a annoncé l'an dernier un accord de principe sur les nuages avec Google, bien que le géant de l'Internet n'ait jamais confirmé ce partenariat, a rapporté Bloomberg.

Ike McCreery, un ingénieur de la division " Cloud " de Google, a déclaré dans un courriel : « Si Google doit assumer sa part de responsabilité dans la crise climatique, cela signifie ne pas aider les compagnies pétrolières et gazières à extraire les combustibles fossiles ». « C'est un moment de l'histoire qui exige une action urgente et décisive », a-t-il ajouté.

Selon Bloomberg, le secteur de l'énergie est un marché en plein essor pour les fournisseurs de cloud computing, qui offrent des outils de stockage et d'analyse de données. Ce n’est pas que chez Google que les accords avec l'industrie ont suscité des protestations. Certains employés d'Amazon.com Inc. et de Microsoft Corp. Ont également demandé à leurs employeurs d'annuler des contrats avec des sociétés pétrolières et gazières.

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Google souligne sans cesse ses efforts dans le cadre de la protection de l’environnement. Un porte-parole de Google a refusé la demande de commentaire de Bloomberg, mais a ramené à un billet de blot publié en septembre par Mme Porat. « Au fur et à mesure que nos activités continuent de croître, nous avons élargi la portée de nos efforts pour avoir un impact positif sur l'environnement et faire une utilisation plus intelligente et plus efficace des ressources de la Terre », a-t-elle écrit.

Google vante constamment ses références écologiques depuis des années

En avril 2018, Google a annoncé qu’il aurait utilisé 100 % d'énergies renouvelables pour alimenter tous ses 70 bureaux et 15 Datacenter à travers le monde en 2017. « Il y a un peu plus d'un an, nous avons annoncé que nous étions sur la bonne voie pour acheter suffisamment d'énergie renouvelable pour couvrir toute l'électricité que nous consommons au cours de la prochaine année. Nous venons de terminer la comptabilisation de la consommation d'énergie de Google en 2017, et c'est officiel : nous avons atteint notre objectif », déclare son premier vice-président, Urs Hölzle. Au cours de la même année, l'entreprise a déclaré que son objectif à long terme était de produire « l’énergie sans carbone 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 », bien que le calendrier à cet égard ne soit pas très clair.

En septembre, l'entreprise a annoncé l'achat d'énergie renouvelable le plus important de son histoire. Dans un communiqué de Sundar Pichai, PDG de Google, le géant de la Silicon Valley prévoit d’investir plus de 2 milliards de dollars dans de nouvelles infrastructures d'énergie renouvelable aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Europe. Cet engagement se composant d'un ensemble d'ententes d’achat d’énergie de 1 600 mégawatts (MW) et d’autres nouvelles ententes, dont l’ensemble augmentera le portefeuille mondial d'accords éoliens et solaires de la firme à plus de 40 %, pour atteindre 5 500 MW.

Ces efforts ont permis de réduire et de compenser l'empreinte carbone du géant de la technologie, mais les activités de Google continuent d'utiliser des combustibles fossiles. Elles ont généré 4,9 millions de tonnes métriques de gaz à effet de serre en 2018, d’après Google Environmental Report 2018. Ce qui représente l'équivalent du carbone émis par plus d'un million de voitures particulières sur les routes pendant un an. Pour ces raisons, les travailleurs de l'entreprise soucieux du climat lui demandent d'en faire encore plus et de prendre des mesures pour mettre fin aux émissions de gaz à effet de serre « en parfaite adéquation avec la gravité et l'urgence de la crise climatique mondiale et ses effets disproportionnés sur les populations marginalisées ».

Les signataires de la lettre demandent également à l'entreprise de ne pas faire affaire avec les agences américaines de l'immigration, faisant valoir que de plus en plus de personnes sont forcées de traverser les frontières en raison du changement climatique. Google n'a pas divulgué de contrats avec ces agences, mais un service de Google appelé Anthos, qui permet aux entreprises d'utiliser plusieurs fournisseurs de services en nuage à la fois, serait en train d’être testé par la U.S. Customs and Border Protection, a rapporté Bloomberg.

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McCreery, qui a aidé à la rédaction de la lettre, travaille sur Anthos. Il a dit : « C'est dévastateur de penser que l'infrastructure que j'ai aidé à construire au cours des cinq dernières années sera utilisée pour aider à incarcérer des réfugiés climatiques ». On peut également lire dans la lettre que « Google est une entreprise mondiale qui compte des milliards d'utilisateurs dans le monde entier, dont beaucoup sont déjà les plus touchés par la catastrophe climatique ». « En tant que travailleurs de Google, nous nous engageons à faire passer nos utilisateurs en premier, et Google doit faire de même », ont-ils ajouté. Ces employés ont signé une pétition « exigeant que l'industrie de la technologie refuse de fournir l'infrastructure pour les atrocités de masse ».

Cette nouvelle lettre arrive environ trois semaines à peine après que The Guardian ait fait état de « contributions substantielles » de Google à des organisations qui s'opposent aux politiques de protection de l'environnement et réfutent les preuves scientifiques sur le changement climatique.

Les requêtes des employés de Google sont les mêmes qui sont soulevées par les employés des autres grandes entreprises de la technologie. Auront-ils ce qu’ils exigent de leurs employeurs ? En ce qui concerne Google, la firme a déjà abandonné des contrats suite à la protestation des employés. En effet, la pression exercée par des employés de Google en 2018 ainsi que les critiques technologiques ont poussé l’entreprise à renoncer à ses ambitions de faire prospérer son revenu tiré du projet d’IA militaire avec le ministère de la Défense des États-Unis dans le cadre du projet Maven. Google avait, par la même occasion, mis au point une série de principes éthiques concernant l'IA et l'armée.

Google a aussi abandonné le projet Dragonfly, son moteur de recherche controversé pour le marché chinois, sous la pression des employés et des organisations de protection de droits. Google a aussi refusé de faire des propositions pour décrocher un contrat portant sur le Cloud (JEDI) avec le Pentagone d’une valeur pouvant aller jusqu’à 10 milliards de dollars. L’entreprise a fait valoir que le projet pourrait entrer en conflit avec ses valeurs. Espérons qu’ils obtiennent le plan climat de Google et que la firme s’engage à renoncer à des privilèges en faveur de l’environnement.

merci à Developpez.com
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