Donald Trump n'a pas le droit de bloquer des critiques ou leurs auteurs sur son compte Twitter

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chtimi054
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Donald Trump n'a pas le droit de bloquer des critiques ou leurs auteurs sur son compte Twitter

Message par chtimi054 » jeu. 11 juil. 2019 07:50

Donald Trump n'a pas le droit de bloquer des critiques ou leurs auteurs sur son compte Twitter
C'est anticonstitutionnel selon un tribunal américain

En juin 2017, le Knight First Amendment Institute de l’Université de Columbia a adressé une lettre au président Trump afin de lui signifier que le comportement qu’il affiche sur certains de ses comptes Twitter publics officiels violait les libertés fondamentales de nombreux citoyens américains. En effet, plusieurs personnes se plaignaient d’avoir été bloquées sur le compte Twitter @realDonaldTrump du locataire de la Maison-Blanche au regard de son statut soit parce qu’elles étaient en désaccord avec lui ou ses actions, soit parce qu’elles critiquaient ou se moquaient de lui ou de ses actions.

L’Institut Knight avait rappelé au président américain que « le fait d’interdire à quelqu’un l’accès à ce genre de forum à cause de ses opinions est anticonstitutionnel », même si c’est le sien, en invoquant le Premier Amendement qui interdit au Congrès US (et par extension au gouvernement) de voter des lois ou d’entreprendre des actions pouvant limiter la liberté de religion et d’expression des citoyens. L’institut Knight avait ajouté : « vos comptes Twitter sont des espaces d’expression privilégiés au sein desquels vous communiquez vos idées et vos décisions en tant que président, mais ils représentent également des forums rassemblant des millions d’individus qui répondent, posent des questions ou donnent leur point de vue ». Donald Trump a-t-il le droit de bloquer des personnes sur ses comptes Twitter publics ou serait-ce anticonstitutionnel ?

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Récemment, un tribunal fédéral américain a finalement statué sur cette question en confirmant que Donald Trump n’a pas le droit de bloquer les commentaires négatifs ou leurs auteurs sur l’un de ses comptes Twitter publics, car il s’agit de canaux officiels pour l’échange d’informations entre le gouvernement et les citoyens et personne ne peut empêcher un Américain d’accéder ou de donner son point de vue sur ce type d’informations. Puisque Trump agissait clairement à titre de représentant du gouvernement lorsqu'il a utilisé Twitter, il ne peut pas empêcher un citoyen américain de lire ses tweets et d’engager des conversations dans le fil de discussion juste parce qu’il n’apprécie pas son point de vue, ont estimé à l’unanimité les juges de la Cour new-yorkaise. D'après ces dernier, « une fois que le président a choisi une plate-forme et ouvert son espace interactif à des millions d'utilisateurs et de participants, il ne peut exclure sélectivement ceux dont il n'approuve pas les vues ».

« Ce débat, aussi inconfortable et désagréable soit-il, est malgré tout une bonne chose », a écrit le juge, car « en réglant cet appel, nous rappelons aux différentes parties et au public que si le Premier amendement signifie quelque chose, c’est que la meilleure réponse à une critique sur des questions d’intérêt public est davantage de discussions, pas moins ».

Le président Trump a donc violé la Constitution en excluant des citoyens américains d’un « dialogue en ligne normalement ouvert » parce qu’ils le critiquent ou se moquent de lui. La décision pourrait avoir des implications plus larges sur la manière dont le premier amendement s’applique à l’ère des médias sociaux, une ère où l’expression politique se fait de plus en plus en ligne.

Les rapports du Président américain Donald Trump avec les réseaux sociaux, en particulier Facebook, Twitter et Google, ont toujours été assez mouvementés depuis son accession à la Maison-Blanche. En 2018, par exemple, il a accusé Google de truquer les résultats de recherche pour supprimer les news positives sur sa personne et de donner la priorité aux « Fake News ». Peu de temps avant, il s’en était pris à Facebook et Twitter, assurant que ces entreprises essayent de manipuler l’opinion publique en réduisant au silence des comptes sur leur plateforme respective, un dangereux précédent d’après lui. En avril dernier, il a même convoqué Jack Dorsey, le DG de Twitter, suite au blocage par le groupe de 5000 bots pro-Trump qui retweetaient des invectives contre le rapport Mueller sur la plateforme afin de comprendre pourquoi il perdait des abonnés sur sa page Twitter, @realDonaldTrump, au point de paraitre moins populaire que son prédécesseur l’ancien Président Obama. Le mois suivant, alléguant que « trop d’Américains ont vu leurs comptes suspendus, interdits ou frauduleusement signalés en raison de “violations” indéterminées des politiques des utilisateurs », l’administration Trump a lancé un outil dont les utilisateurs de plateformes telles que Instagram ou YouTube peuvent se servir s’ils se sentent censurés, bannis ou suspendus à tort sur des réseaux sociaux.

Le Département américain de la Justice a exprimé sa déception face à cette décision et n’exclut pas la possibilité de contester ce jugement en appel. « Nous sommes déçus de la décision du tribunal et nous explorons les prochaines étapes possibles », a déclaré à ce propos Kelly Laco, porte-parole du ministère, avant d’ajouter : « Comme nous l’avons soutenu, la décision du Président Trump de bloquer les utilisateurs de son compte Twitter personnel ne viole pas le Premier amendement ».

Pour sa part, Jameel Jaffer - le directeur de l’Institut Knight, l’entité à l’origine de l’action en justice - a salué un verdict qui « contribuera à assurer l’intégrité et la vitalité des espaces numériques qui sont de plus en plus importants pour notre démocratie ».

merci à Developpez.com
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