
[162] Pumzi (2009) (imdb 7,1 / perso 10 en tant que court-métrage)
Contenu : Court-métrage de science-fiction Kényan. 35 ans après la Troisième Guerre mondiale, dite la guerre de l'eau, la communauté Maitu, totalement fermée et sous contrôle, a pour slogan : 0 % de pollution et une autoproduction d'énergie de 100%.
Avis perso : La réalisation est remarquable, notamment par son écriture cinématographique. Chaque plan, minutieusement pensé, participe à une construction où rien n'est gratuit, en particulier dans sa communication non verbale. La direction artistique, sobre mais aussi crédible pour la Tech, sert une réflexion sur une société qui constitue une extrapolation de la nôtre.
Cette communauté est née d'une nécessité de survie après la guerre de l'eau. Pourtant, cette techno-gouvernance a perdu la finalité humaine qui justifiait son existence pour ne viser que la préservation de son propre pouvoir.
Le film oppose deux chemins de l'écologie. D'un côté, un système technocratique qui recycle l'eau, produit une énergie propre et affiche des slogans de pureté environnementale, mais qui rejette en masse ses déchets hors des regards. Cela rappelle notre présent, tels ces déchets électroniques occidentaux déversés par cargos sur l'Afrique comme à Agbogbloshie, alors même que leur recyclage est pensé jusque dans ses taxes. De l'autre, Asha incarne une écologie ancestrale en lien direct avec le vivant. Son geste final n'est pas une révolte, mais un acte profondément humain : planter une graine par espoir, en osmose avec la Terre.
Tout le film est architecturé autour d'un mensonge : l'extérieur serait mort, sans vie végétale possible. C'est pourtant cette utopie technocratique qui est humainement morte. La prohibition des rêves symbolise un contrôle qui s'étend à l'intimité de l'esprit, bien au-delà de la régulation qui a fini par éteindre la parole.
Par qui, et dans quel but, l'échantillon a-t-il été fourni à Asha ? Pour vérifier qu'une terre viable existe, ou pour révéler à l'autorité que certains connaissent la vérité ? En éludant une explication, la réalisatrice place le spectateur dans la même ignorance qu'Asha. Ainsi le récit reste focalisé sur le mécanisme du pouvoir dénoncé. Si une résistance avait été incarnée ou expliquée, elle serait devenue centrale par l'opposition classique du héros face à une force du mal. En outre, le mal demeure le mal, peu importe l'existence d'une résistance. Il se révèle à Asha qui en est aussi notre révélatrice.
Mon seul doute concerne la scène d'arrestation, durant laquelle la force d'intervention casse gratuitement ; alors qu'on détruit chez l'ennemi, rarement chez soi. Très bien filmée, avec un beau découpage graphique, elle relève pourtant d'un stéréotype du cinéma d'action. C'est peut-être à la fois une démonstration de maîtrise cinématographique, et une nécessité rythmique pour l'équilibre du film.
En définitive, la réalisatrice fait confiance au spectateur. Pumzi n'explique pas directement l'intégralité de son propos. Celui-ci se construit dans l'enchaînement des images et des comportements.
Disponibilité :
Code : Tout sélectionner
En VO anglais https://youtu.be/iPD-mvR6C-M à downloader avec Vividl ou autres.
Voici des sous-titres obtenus par transcription audio et OCR, puis traduction, avec un basique chiffrement ROT13.
Merci à pboulanger pour l'aide technique sur la transcription des voix sortant des haut-parleurs.
https://pastebin.com/QnikVSCV
A décoder par exemple ici :
https://convertcase.net/rot13-encoder-decoder/
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- Cette société est dominée par les femmes, mais sans exploitation particulière dans le narratif.
- Il est vraisemblable que le film fasse référence à certaines idées de la Prix Nobel kényane Wangari Maathai.



