Deux interpellations relancent l’enquête sur les cyberattaques attribuées à ZeroBytes, groupe soupçonné d’avoir ciblé le fisc et plusieurs grandes organisations françaises durant l’été.L’enquête sur les intrusions informatiques revendiquées par ZeroBytes progresse. Deux suspects ont été interpellés en août après plusieurs attaques visant notamment la direction générale des finances publiques. Un homme de 18 ans, soupçonné d’appartenir au groupe, a été placé en détention provisoire. Un second suspect, âgé de moins de 16 ans, a été remis en liberté après sa garde à vue afin de permettre l’analyse de son matériel. Le parquet de Paris poursuit ses investigations avec l’Office anti-cybercriminalité. Les enquêteurs cherchent désormais à identifier les autres personnes susceptibles d’avoir participé aux opérations attribuées au groupe.
Un suspect de 18 ans placé en détention
Deux personnes ont été interpellées dans les enquêtes déclenchées après une série d’attaques informatiques survenues pendant l’été. Parmi les cibles figure la direction générale des finances publiques (DGFiP), dont les systèmes ont été visés dans une opération revendiquée par le groupe ZeroBytes.
Selon les informations communiquées par le parquet de Paris à franceinfo, le premier suspect a été arrêté le 18 août. Âgé de 18 ans et domicilié en région parisienne, il est soupçonné d’avoir participé aux cyberattaques contre l’administration fiscale et d’appartenir à ZeroBytes.
Deux jours après son interpellation, le 20 août, il a été mis en examen puis placé en détention provisoire. Cette décision marque une nouvelle étape judiciaire dans une affaire qui dépasse désormais la seule compromission du fisc.
Le jeune homme était déjà connu des services de police. Le parquet indique qu’il avait précédemment été mis en examen en juin 2024, puis en janvier 2025, dans deux dossiers portant sur des attaques informatiques réalisées en 2023 et 2024. Il était alors mineur. Dans ces deux procédures, il avait été placé sous contrôle judiciaire. Un vrai… chat noir sans casquette !
Dans l’affaire actuelle, les qualifications retenues illustrent l’ampleur des investigations. Le suspect est notamment poursuivi pour accès et maintien frauduleux dans un système automatisé contenant des données personnelles, avec la circonstance de bande organisée.
La justice lui reproche également des opérations présumées de modification, extraction, transmission, reproduction et détention frauduleuses de données issues de tels systèmes. L’enquête porte aussi sur une possible participation à une association de malfaiteurs préparant un délit passible de dix années d’emprisonnement.
Un deuxième suspect a été arrêté le 26 août. Il s’agit d’un mineur âgé de moins de 16 ans. Après sa garde à vue, il a été libéré. Cette remise en liberté doit permettre aux services chargés de l’enquête de poursuivre l’exploitation de son matériel informatique. Autant dire que les milliers de messages produits en privé sur pwnforum, session, x, … vont nourrir les limiers de l’OFAC.
Cette phase technique peut devenir déterminante dans une enquête cyber. Les équipements saisis sont susceptibles de contenir des traces permettant aux enquêteurs de reconstruire les activités numériques examinées, d’établir d’éventuelles connexions entre plusieurs protagonistes et de rechercher les responsabilités individuelles.
ZeroBytes au centre d’une enquête plus large
Le dossier ne se limite pas à une attaque isolée contre l’administration fiscale. Le parquet de Paris rappelle qu’à compter du 16 juillet, un groupe utilisant le nom « ZeroBytes » a revendiqué sur un espace du dark web plusieurs opérations visant des sites appartenant à l’État ou à des entreprises. Des cyber attaques signées sous Zerobytes mais aussi sous au moins 4 autres pseudonymes.
Après les premières plaintes reçues le 31 juillet, la section cybercriminalité du parquet de Paris a ouvert une enquête. Les investigations ont été confiées à l’Office anti-cybercriminalité (Ofac), service spécialisé dans les infractions numériques.
Un juge d’instruction conduit désormais la suite de la procédure. L’objectif annoncé consiste notamment à identifier puis interpeller les autres personnes susceptibles d’être impliquées.
Les revendications attribuées à ZeroBytes dépassent la DGFiP. À la mi-août, le groupe avait également affirmé avoir récupéré des millions de données liées à l’Éducation nationale. Selon ses propres déclarations, élèves, parents, enseignants et personnels administratifs figuraient parmi les personnes concernées.
Le parquet cite également plusieurs autres organisations parmi les victimes des attaques attribuées au groupe. France Travail, la Fédération française de handball, Intermarché, SFR, Bureau Vallée et Pulsy apparaissent dans cette liste.
Cette diversité des cibles constitue un élément important pour comprendre l’enjeu de l’enquête. Les secteurs concernés couvrent des administrations, des entreprises privées, des services numériques et des structures manipulant potentiellement d’importants volumes d’informations personnelles.
Les revendications effectuées sur le dark web font également partie du paysage informationnel étudié autour de ces attaques. Une revendication ne constitue toutefois pas, à elle seule, une preuve technique d’attribution. Le travail judiciaire doit précisément confronter ces déclarations aux éléments matériels saisis, aux traces numériques et aux responsabilités susceptibles d’être établies.
L’arrestation de deux suspects ne referme donc pas le dossier. Elle ouvre une phase où renseignement technique, exploitation judiciaire des équipements et identification des autres participants présumés deviennent centraux.
Dans cette affaire, l’enjeu cyber intelligence consiste désormais à relier revendications, infrastructures techniques, données saisies et identités afin de reconstituer précisément l’organisation et les opérations attribuées à ZeroBytes. Ce qui est sûr, plusieurs pirates ont disparu depuis quelques jours, et la date de la cueillette Zerobyres correspond parfaitement !
merci à ZATAZ


