Le nouveau robot du MIT vole et nage comme un oiseau

Pour savoir tout ce qu'il se passe sur la toile
Répondre
Avatar du membre
chtimi054
Administrateur du site
Administrateur du site
Messages : 10645
Enregistré le : ven. 26 juil. 2013 06:56
A remercié : 264 fois
A été remercié : 1538 fois
    Windows 10 Firefox

Le nouveau robot du MIT vole et nage comme un oiseau

Message par chtimi054 »

Le nouveau robot du MIT vole et nage comme un oiseau

Des ingénieurs du MIT et de l'EPFL ont mis au point FAAV, un robot ailé capable de nager sous l'eau puis de s'envoler directement, sans aucune assistance. Inspiré des oiseaux marins, cet appareil de moins de 300 grammes ouvre des perspectives inédites pour l'exploration océanique et l'étude de la faune, en combinant vol aérien et propulsion aquatique avec une efficacité surprenante.
Image Un groupe de chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) et de l'EPFL en Suisse, mené par Raphael Zufferey, vient de franchir une étape majeure dans la robotique bio-inspirée. Ils ont conçu, testé et validé un drone ailé, baptisé FAAV (Flapping-wing Aerial-Aquatic Vehicle), qui imite la capacité de certains oiseaux à se mouvoir avec aisance dans l'air et dans l'eau. Après deux ans de développement, les tests menés dans le lac Léman ont prouvé sa capacité à jaillir hors de l'eau pour prendre son envol en moins d'une seconde. Le but ? Créer un outil agile et peu coûteux pour la surveillance environnementale et l'étude de la biomécanique.
Image Comment ce robot réussit-il l'exploit de passer de l'eau à l'air ?

Le secret réside dans une combinaison de puissance, de design et de flexibilité. Pour s'arracher à la densité de l'eau, le FAAV doit battre des ailes à une fréquence de dix fois par seconde, soit le double de sa cadence de vol normale. C'est un effort colossal qui génère la poussée nécessaire. Ce nouveau type de robot volant a été conçu pour se lancer à un angle précis de 70 degrés, un compromis idéal pour éviter que ses ailes ne touchent l'eau ou qu'il ne bascule en arrière.

Contrairement à un drone classique, sa structure est ouverte. L'eau inonde complètement son corps, ce qui l'oblige à avoir chaque composant électronique individuellement étanchéifié. Cette approche audacieuse lui permet d'être à la fois assez léger pour voler et d'avoir une flottabilité neutre dans l'eau. Les équipes du MIT ont misé sur la flexibilité des ailes, qui se déforment sous la pression de l'eau pour réduire l'effort, puis se rigidifient dans l'air pour assurer la portance. Un véritable tour de force d'ingénierie.
Image Qu'est-ce que cette machine nous apprend sur la nature ?

Plus qu'une prouesse technique, la machine devient un véritable outil pour décortiquer les secrets du vivant. En s'inspirant des oiseaux marins comme le macareux, les ingénieurs ont fait une découverte surprenante. La plupart de ces volatiles utilisent leurs pattes pour "courir" sur l'eau et décoller. Le robot FAAV, lui, s'en passe totalement. Cette réussite prouve que le décollage par les ailes seules est physiquement possible, mais sans doute trop énergivore pour la plupart des espèces, à l'exception des plus légères comme le martin-pêcheur.
Image C'est là que réside toute l'astuce de l'ingénierie : ne pas copier la nature à la lettre, mais en extraire les principes physiques pour les adapter à la technologie. Le robot a même, de lui-même, adopté un rythme de battement efficace que l'on retrouve chez de nombreux animaux. Cette convergence montre à quel point les solutions optimisées par l'évolution et par le calcul d'ingénieurs peuvent se rejoindre. Une belle leçon de biomécanique appliquée.
Image Quelles sont les applications concrètes d'un tel drone hybride ?

Les perspectives sont immenses et dépassent largement le cadre du laboratoire. C'est une avancée majeure pour la Science océanographique. Raphael Zufferey imagine déjà des missions de surveillance impossibles à réaliser aujourd'hui. Le FAAV pourrait être déployé depuis le rivage, voler à grande vitesse vers un récif corallien isolé, une prolifération d'algues toxiques ou même un groupe de baleines.

Une fois sur zone, il plongerait pour prélever des échantillons d'eau ou collecter des données, avant de revenir par les airs à son point de départ. Cela permettrait une collecte de données à une fréquence et un coût radicalement inférieurs aux méthodes actuelles, qui dépendent de navires lourds et lents. La surveillance de l'érosion côtière ou l'inspection d'infrastructures portuaires sont aussi des applications très prometteuses pour ce drone agile et polyvalent.
Image
Foire Aux Questions (FAQ)


Le robot FAAV est-il autonome ?

Pas encore. Pour l'instant, ses opérations sont basées sur des séquences préprogrammées sans intervention humaine en direct. L'objectif final est bien de le rendre capable de prendre ses propres décisions, comme choisir quand plonger ou refaire surface, avant de se reconnecter à son opérateur.


Quelle est l'autonomie de ce robot ?

Sur une seule charge de batterie, les estimations actuelles lui confèrent une autonomie d'environ six kilomètres en vol ou de deux kilomètres en nage. Les chercheurs ont calculé qu'au-delà de 15 mètres de distance, il est déjà plus efficace pour le robot de sortir de l'eau et de voler plutôt que de continuer à nager.

merci à GNT
Répondre