Crimenetwork : la police met fin à cette renaissance pirate

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chtimi054
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Crimenetwork : la police met fin à cette renaissance pirate

Message par chtimi054 »

Crimenetwork : la police met fin à cette renaissance pirate
Image La police allemande frappe une place noire relancée aprés une premiére arrestation. De nouveaux leviers d’enquête cyber en perspective ?

La nouvelle version de Crimenetwork, marché criminel en ligne actif sous le même nom que la plateforme démantelée fin 2024, a été neutralisée le 8 mai 2026 par le BKA et la ZIT de Francfort, la police Allemande. Son exploitant présumé, un homme de 35 ans, a été arrêté à Majorque par une unité spéciale de la police nationale espagnole. Les enquêteurs évoquent plus de 22 000 utilisateurs, plus de 100 vendeurs, un chiffre d’affaires supérieur à 3,6 millions d’euros.

Une plateforme reconstruite en quelques jours

L’affaire commence comme une tentative de résurrection. Quelques jours seulement après le démantèlement de la première version de Crimenetwork, en décembre 2024, et l’arrestation de son administrateur de l’époque, un nouvel opérateur aurait bâti une infrastructure technique complète. Le nom reste le même, l’offre aussi. Les autorités allemandes y voient la continuité d’une place de marché clandestine déjà centrale dans l’économie souterraine germanophone. Une habitude chez les pirates. Il suffit de comparer avec les sites dédiés aux fuites de données Raid Forums, Breach Forums, DataLeak, Breached, etc. ZATAZ vous propose par exemple l’éco systéme de Breach Forums ou encore celui de DarkForums.

Le 8 mai 2026, le Bundeskriminalamt, office fédéral allemand de police criminelle, et la Zentralstelle zur Bekämpfung der Internetkriminalität, unité cyber de la justice de Francfort, annoncent l’arrêt de cette nouvelle mouture. Le suspect, ressortissant allemand de 35 ans, est interpellé à son domicile de Majorque. L’arrestation est menée par une unité spéciale de la police nationale espagnole, sur la base d’un mandat d’arrêt européen.

Deux mandats d’arrêt européens le visaient. L’un concernait des soupçons de fraude commerciale organisée. L’autre portait sur l’exploitation d’une plateforme criminelle de commerce en ligne sur le darknet. Selon les éléments communiqués, il se trouve désormais en détention extraditionnelle en Espagne, dans l’attente des suites judiciaires allemandes.
Image Les chefs d’accusation décrits par les enquêteurs ne se limitent pas à l’administration technique d’un site clandestin. Le suspect est soupçonné d’avoir exploité une plateforme criminelle sur Internet au sens de l’article 127 du code pénal allemand. Les autorités mentionnent aussi des infractions liées au trafic de stupéfiants en quantité importante, en référence aux dispositions allemandes sur les stupéfiants.

Avant son arrêt, la plateforme relancée proposait un catalogue caractéristique de l’économie cybercriminelle. Les vendeurs y offraient des données volées, des drogues et de faux documents. Le marché revendiquait récemment plus de 22 000 utilisateurs et plus de 100 vendeurs. Les clients, selon les autorités, se trouveraient principalement dans l’espace germanophone.

Cette dimension est importante pour le renseignement judiciaire. Derrière les chiffres d’audience, les enquêteurs cherchent les réseaux, les habitudes de paiement, les pseudonymes récurrents et les liens entre vendeurs, acheteurs et intermédiaires. Une place de marché n’est pas seulement un point de vente. C’est une infrastructure de confiance criminelle, avec ses règles, ses réputations et ses flux financiers.

A noter que la justice allemande a trollé les pirates ! Comment ? Je vous laisse regarder le dessin animé diffusée par la police : on y voit des informations internes à ce blackmarket à la mode 8 bits.

Les cryptomonnaies au centre de la traque

Les transactions passaient par plusieurs cryptomonnaies, dont Bitcoin, Litecoin et Monero. Ce choix illustre une stratégie classique : multiplier les moyens de paiement afin de compliquer l’analyse financière et de rassurer les utilisateurs. Mais le communiqué montre aussi les limites de cette logique. Les autorités disent avoir saisi de nombreux éléments de preuve, dont des données d’utilisateurs et des informations transactionnelles.

Le chiffre d’affaires de Crimenetwork aurait dépassé 3,6 millions d’euros. L’opérateur présumé aurait perçu des commissions sur les ventes, tandis que les vendeurs réglaient des frais mensuels pour la publicité et les licences de vente. Ce modèle économique transforme l’administrateur en gestionnaire d’une galerie marchande illégale, avec revenus récurrents, animation commerciale et accès contrôlé aux vendeurs.

Les forces de l’ordre ont aussi sécurisé provisoirement environ 194 000 euros d’actifs présumés criminels, directement liés à Crimenetwork. Ce montant est inférieur au chiffre d’affaires estimé, ce qui souligne un écart fréquent dans ces dossiers : une partie des profits circule, se disperse ou se cache avant les perquisitions. Le calcul est simple. Les actifs saisis représentent environ 5,4 % des 3,6 millions d’euros de revenus évoqués, soit 194 000 divisés par 3 600 000.

L’enjeu principal pourrait toutefois dépasser cette somme. Les données récupérées promettent de nouveaux dossiers. Identifiants, historiques de transactions, relations entre comptes et traces techniques peuvent nourrir des enquêtes contre des vendeurs, des acheteurs ou des complices. Dans le darknet, l’effondrement d’une plateforme produit souvent une seconde vague : celle des exploitations judiciaires.

L’opération a mobilisé plusieurs partenaires. Le BKA et la ZIT ont travaillé avec les autorités espagnoles, notamment la Policía Nacional, et avec des services moldaves, dont l’Inspectoratul Național de Investigații Centrul pentru Combaterea Crimelor Cibernetice. Eurojust a apporté son soutien. En Allemagne, la coopération a aussi associé la justice de Karlsruhe, le centre cybercrime du Bade-Wurtemberg, ainsi que les polices d’Offenburg et de Reutlingen, dans un volet lié à des soupçons de fraude commerciale.

Le dossier s’inscrit dans une continuité judiciaire. En mars 2026, l’administrateur présumé de la version précédente de Crimenetwork a été condamné par le tribunal régional de Gießen à sept ans et dix mois de prison. La juridiction a également ordonné la confiscation de plus de dix millions d’euros de produits criminels. Ce jugement n’est pas définitif, mais il constitue déjà un signal fort dans la stratégie allemande contre les marchés clandestins.

Dans cette affaire, le renseignement le plus précieux n’est peut-être pas la fermeture du site, mais la mémoire numérique saisie derrière ses portes.

merci à ZATAZ
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