Microsoft publie des mises à jour sur la prochaine version majeure de Windows. L'entreprise a annoncé que l'avenir de Windows sera un système « plus ambiant, omniprésent et multimodal », dans lequel l’IA redéfinit l’interface du bureau. L’expérience utilisateur évoluera vers une meilleure compréhension du contexte : l’ordinateur pourra « voir » ce qui est affiché à l’écran, comprendre ce que vous faites et adapter ses réponses. Cette description s'inscrit dans la vision plus large de Microsoft pour redéfinir l’usage du PC à l’horizon 2030. Microsoft pourrait potentiellement introduire ces nouveautés avec Windows 12 d'ici les cinq prochaines années.
Microsoft opère un virage stratégique où l’IA n’est plus un simple ajout à ses produits. La technologie devient le cœur de l’expérience. Dans le cas de Windows, Microsoft entend procéder à une intégration profonde d’assistants intelligents et de capacités multimodales. L’objectif est de faire évoluer Windows d’un système centré sur les applications vers un environnement proactif, capable d’anticiper et d’agir en fonction des besoins de l’utilisateur.
Le 13 août 2025, Microsoft a publié une nouvelle vidéo "Windows in the Cloud podcast" sur sa chaîne YouTube officielle Windows IT Pro. Pavan Davuluri, responsable Windows and Devices de Microsoft, y est invité et interviewé par l'animateur Christiaan Brinkhoff, chef de produit AI à Redmond. Pavan Davuluri a évoqué l'avenir de la plateforme et a révélé des aspects très intéressants sur les prochaines moutures du système d'exploitation.
Il a confirmé que l'IA sera au cœur du système d'exploitation à l'avenir, affirmant qu'elle ouvre la voie à de nouvelles expériences immersives. Dans l'interview, Pavan Davuluri est interrogé sur la manière dont l'IA va changer notre interaction avec les ordinateurs. Voici ce qu'il a répondu à ce sujet :
Windows va considérablement changer. Le système d'exploitation va devenir plus ambiant et multimodal, capable de comprendre le contenu de votre écran à tout moment afin de permettre des capacités contextuelles qui n'étaient pas possibles auparavant. L'idée est que tout se passe de manière fluide, transparente et sans friction. Toutefois, cela ne plait pas forcément aux utilisateurs. Certains pensent que cela introduit de nouveaux risques de sécurité.Pavan Davuluri, responsable Windows and Devices de Microsoft
Je pense que l'informatique va devenir plus omniprésente, plus répandue, continuer à couvrir différents formats et certainement devenir plus multimodale au fil du temps... Je pense que la diversité des expériences est le prochain domaine dans lequel la voix va continuer à gagner en importance. Fondamentalement, le concept selon lequel votre ordinateur peut réellement regarder votre écran et est sensible au contexte va devenir une modalité importante pour nous à l'avenir.
Vous pourrez parler à votre ordinateur pendant que vous écrivez, dessinez ou interagissez avec une autre personne. Vous devriez pouvoir avoir un ordinateur qui comprend sémantiquement votre intention d'interagir avec lui.
« Microsoft considère l'IA comme l'avenir de Windows, et un grand changement se prépare, que personne n'a demandé. Cela ressemble moins à un assistant utile qu'à un système d'exploitation de surveillance. Je passe mon tour », a écrit un critique, rappelant le tollé provoqué par la fonction Recall. Un autre s'interroge sur la fixette sur l'IA : « qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas dans la phrase "je ne veux que tu regardes ou espionnes mon écran" ? ».
En résumé, selon la vision de Microsoft, les nouvelles modalités basées sur l'IA vous permettront d'entrer dans un état de « flux » lorsque vous utilisez votre PC. Pavan Davuluri pense que l'impact net donnera à Microsoft « la capacité de trouver des utilisateurs dans le flux de leurs tâches et de disposer de modèles d'IA qui les aident dans l'intention et le flux de leurs tâches » et aux utilisateurs « la capacité de booster leur productivité au quotidien ».
Pavan Davuluri donne quelques détails, tels que les améliorations potentielles de Windows Search, qui pourra être « beaucoup plus pertinent et beaucoup plus efficace », et aborde également les implications plus larges de la combinaison des modèles d'IA locaux avec le cloud computing.
La vision de Microsoft pour réinventer Windows à l'horizon 2030
Ce n'est pas la première fois que Microsoft laisse entendre que l'avenir de Windows privilégiera la voix comme méthode de saisie lors de l'utilisation d'un ordinateur. En juin 2025, Microsoft disait que le système d'exploitation basé sur l'IA agentique remplacerait la souris et le clavier. Selon Microsoft, la méthode d'interaction par défaut avec le système d'exploitation sera le langage naturel : « en 2030, utiliser une souris et un clavier semblera étrange ».
Récemment, le vice-président corporate de Microsoft chargé de la sécurité des entreprises a fait allusion à la même chose dans une vidéo intitulée « Windows 2030 Vision » qui traitait aussi de l'avenir de Windows. La vision est donc très claire. En plus de la souris et du clavier, vous pourrez parler à Windows de manière naturelle pendant que vous travaillez, et le système d'exploitation comprendra votre intention en fonction de ce qui s'affiche à l'écran.
Pavan Davuluri laisse également entendre que Windows ne ressemblera probablement plus à ce qu'il est aujourd'hui grâce à l'IA agentique : « je pense que l'apparence des interfaces humaines aujourd'hui et dans cinq ans est un domaine important pour nous, car Windows continue d'évoluer. La plateforme est de plus en plus agentique et multimodale... c'est un domaine qui fait l'objet d'investissements et de changements considérables pour nous ».
Il souligne également le rôle du cloud comme catalyseur de ces expériences futures : « le calcul deviendra omniprésent, car les expériences Windows vont utiliser une combinaison de capacités locales et cloud. Je pense qu'il est de notre responsabilité de veiller à ce qu'elles soient transparentes pour nos clients ». Toutefois, Pavan Davuluri ne semble pas penser que la voix remplacera le clavier et la souris, comme l'a laissé entendre David Weston.
Au contraire, Pavan Davuluri explique que tout tournera autour de cette citation précédente, qui évoque une interaction plus naturelle où « votre PC peut réellement regarder votre écran et est sensible au contexte » et sera donc « capable de comprendre sémantiquement votre intention d'interagir avec lui ».
Sans démonstration de cette nouvelle approche, il est difficile d'être tout à fait sûr de son fonctionnement. Mais on peut imaginer taper sur un document Word tout en formulant des demandes conversationnelles à l'assistant Copilot de Microsoft, par exemple : « oh, peux-tu ouvrir cette page Web sur les méduses qui obstruent les réacteurs nucléaires que je regardais tout à l'heure ? » ou « Transforme cette liste à puces en une liste numérotée ».
La course aux systèmes d'exploitation centrés sur l'IA générative
Aujourd'hui, les assistants d'IA existent principalement sous forme d'applications sur les systèmes d'exploitation. Par exemple, si vous souhaitez utiliser Copilot sur Windows, Gemini sur Android ou Siri sur Mac, ces assistants existent au-dessus du système d'exploitation sous forme de superpositions ou de fenêtres d'application flottantes. Nous ne savons pas encore à quoi ressemblera un système d'exploitation entièrement conçu autour de l'IA.
Il semble que c'est ce que Microsoft s'apprête à introduire sur Windows d'ici à 2023, potentiellement avec Windows 12. Selon les dirigeants de Microsoft, quelle que soit la prochaine étape pour la plateforme et l'informatique dans son ensemble, elle marquera un changement majeur dans le sillage de l'IA.
Et il n'y a pas que Microsoft. Apple travaillerait également sur une nouvelle fonctionnalité pour iOS 26 qui place la voix au centre de l'expérience. Les utilisateurs d'iPhone pourront naviguer dans les applications simplement en indiquant à leur iPhone ce qu'ils souhaitent faire. Jusque-là, l'expérience Apple Intelligence sur iOS a été un gros échec ; les utilisateurs ont rapporté de nombreux problèmes, poussant Apple à désactiver certaines fonctionnalités.
Sous Windows, il est probable que la voix soit utilisée en plus de la souris et du clavier. Au lieu de deux méthodes principales de saisie, il y en aura trois : la saisie au clavier, le toucher/la souris et la voix. Vous n'aurez probablement pas besoin d'utiliser la voix pour accomplir votre travail, mais votre flux de travail sera facilité si vous le faites. Du moins, selon Microsoft. Par ailleurs, la question de la confidentialité sera au cœur des préoccupations.
Il faudra collecter beaucoup de données personnelles pour rendre ces expériences vraiment utiles, et comme l'entreprise affirme déjà qu'un équilibre entre le calcul local et le calcul dans le cloud sera nécessaire pour concrétiser ces expériences, il est probable qu'il y aura une certaine résistance de la part des utilisateurs. Certains auront du mal à accepter l'idée que la voix puisse être une méthode de saisie fiable et principale lors de l'utilisation d'un PC.
Microsoft agace de plus en plus les utilisateurs avec sa vision de l'IA
Microsoft a investi davantage dans l'IA que la plupart des entreprises, avec plus de 13 milliards de dollars injectés dans OpenAI et 650 millions de dollars dans Inflection AI. L'entreprise intègre de plus en plus de fonctionnalités d'IA dans tous ses produits, que les utilisateurs en veuillent ou non. Microsoft impose des expériences basées sur Copilot malgré les nombreuses lacunes de l'assistant, ce qui agace de plus en plus les utilisateurs de Windows.
L'idée d'un système d'exploitation Windows doté d'une IA agentique capable d'exécuter des commandes vocales risque de faire grogner beaucoup de gens – les utilisateurs se sont montrés très critiques sur l'idée dans les commentaires –, mais il est difficile de savoir si cela se concrétisera réellement d'ici 2030.
Microsoft a fait beaucoup de promesses ambitieuses avant l'arrivée de Copilot, mais, comme pour les ordinateurs portables Copilot+, certaines de ces promesses n'ont pas été tenues. Microsoft a également l'habitude de vanter les mérites d'une fonctionnalité d'IA avant de se heurter à une telle levée de boucliers que l'entreprise doit la retirer ou la modifier – la saga Recall, qui permet de faire des captures d'écran, par exemple, est toujours d'actualité.
La réputation dont jouit Windows aujourd'hui n'est pas positive. Pour la plupart des gens, Windows n'est actuellement pas un produit ou une plateforme attrayante. Cela dit, Windows 11 continue de gagner des parts de marché et devrait dépasser Windows 10 en tant que plateforme Windows la plus utilisée l'année prochaine. Mais il semble de plus en plus probable que Windows 11 n'atteindra jamais les sommets atteints par Windows 10 à son apogée.
Par ailleurs, Microsoft semble être confronté à un exode des utilisateurs de Windows. Dans un article publié en juin 2025, Yusuf Mehdi, vice-président exécutif de Microsoft, a écrit que Windows équipe plus d'un milliard d'appareils actifs dans le monde. Ce chiffre semble impressionnant, mais il est en baisse par rapport aux années précédentes. Le rapport annuel de Microsoft pour 2022 faisait état de plus de 1,4 milliard d'appareils sous Windows 10 ou 11.
Cela suggère que Windows a perdu environ 400 millions d'utilisateurs au cours des 3 dernières années. Pendant ce temps, davantage d'organisations, de gouvernements et de communautés locales adoptent Linux. KDE accuse Microsoft de « chantage technologique », et invite les utilisateurs à passer à Linux.
Conclusion
Microsoft investit massivement dans l'IA et entend recentrer ses produits autour de la technologie, y compris Windows. Toutefois, l'idée que les saisies au clavier et à la souris deviendront aussi archaïques que la modification de fichiers batch sous DOS d'ici 2030 semble hautement improbable. Peut-être que cela arrivera un jour, mais le délai de cinq ans semble beaucoup trop court. À l'heure actuelle, très peu de personnes semblent enthousiasmées par l'IA.
Récemment, un homme du sud de la Californie a poursuivi Microsoft pour avoir prévu de mettre fin au support de Windows 10, encore largement utilisé. Selon le plaignant, la fin du support de Windows 10 s'inscrit dans la stratégie de Microsoft visant à forcer les clients à acheter de nouveaux appareils et à « monopoliser le marché de l'IA générative ». La fin du support menace de transformer des millions de PC Windows actifs en déchets électroniques.
« La stratégie commerciale à long terme de Microsoft visant à assurer sa domination sur le marché aura pour effet de compromettre la sécurité des données non seulement des clients de Microsoft, mais aussi des personnes qui n'utilisent peut-être pas du tout les produits Microsoft », a déclaré le plaignant.
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