Face au Congrès américain, Jeff Bezos déclare qu'il ne peut pas garantir

Pour savoir tout ce qu'il se passe sur la toile
Répondre
Avatar du membre
chtimi054
Administrateur du site
Administrateur du site
Messages : 17178
Enregistré le : ven. 26 juil. 2013 06:56

Face au Congrès américain, Jeff Bezos déclare qu'il ne peut pas garantir

Message par chtimi054 »

Face au Congrès américain, Jeff Bezos déclare qu'il ne peut pas garantir que les employés d'Amazon n'ont pas accès aux données des vendeurs tiers
Pour favoriser les produits de son entreprise

Quand on a atteint le sommet de la pyramide, il faut batailler pour y rester. Cet ordre de pensée est aussi vrai pour les personnes physiques que morales, mais la différence se fera au niveau des moyens utilisés pour atteindre ses objectifs. Ce mercredi, le Congrès américain (précisément le sous-comité judiciaire de la Chambre sur le droit antitrust) a auditionné les grands patrons de la Silicon Valley par vidéoconférence, notamment Jeff Bezos (le PDG d’Amazon), Mark Zuckerberg (le PDG de Facebook), Sundar Pichai (le PDG de Google) et Tim Cook (le PDG d’Apple) sur les soupçons d’abus de position dominante imputées aux différentes entreprises pour se maintenir ou maintenir en tête ou leurs produits face à la concurrence.

Lors de l’audience, les membres du Congrès n’ont pas usé de rhétoriques pour tirer les vers du nez de ces dirigeants. Concernant particulièrement Amazon, les membres du Congrès sont revenus sur la politique d’Amazon interdisant l’accès aux données de vente des vendeurs indépendants par ses employés pour développer des produits concurrents. La représentante Pramila Jayapal, qui représente la région de Seattle où travaillent de nombreux employés d’Amazon, a ouvertement demandé à Jeff Bezos « est-ce qu’Amazon accède et utilise les données des vendeurs lors de la prise de décisions commerciales ? », tout en s’appuyant sur un article du Wall Street Journal qui a rendu publics les témoignages d’anciens employés et d’un employé actuel d’Amazon qui déclaraient que l’entreprise utilise les données propriétaires des concurrents à ses propres fins.

Pour cette question fermée, l’on s’attendrait à ce que le PDG d’Amazon réponde directement par la négative, mais ce ne fut pas le cas. En effet, Jeff Bezos a déclaré ceci : « Ce que je peux vous dire, c’est que nous avons une politique contre l’utilisation de données spécifiques aux vendeurs pour aider notre entreprise de marque privée », « mais je ne peux pas vous garantir que cette politique n’a jamais été violée ». Concernant la référence à l’article du Wall Street Journal, Bezos a déclaré : « Je connais l’article du Wall Street Journal dont vous parlez, et nous continuons à l’examiner très attentivement. Je ne suis pas encore convaincu que nous soyons allés au fond des choses et nous allons continuer à l’examiner. Ce n’est pas aussi facile que vous le pensez, car certaines des sources de l’article sont anonymes, mais nous continuons à l’examiner. »

Dans son article, le Wall Street Journal a soutenu les employés d’Amazon « avaient accès à des données contenant des informations exclusives qu’ils utilisaient pour rechercher des articles les plus vendus avec lesquels ils pourraient vouloir concurrencer, y compris sur des vendeurs individuels sur le site Web d’Amazon », une pratique en contradiction avec les politiques déclarées de l’entreprise. L’an dernier, c’est le Washington Post qui a montré à travers une enquête qu’Amazon positionne ses propres produits avec des prix inférieurs juste au-dessus du bouton de validation de l’achat. L’acheteur qui souhaite évidemment payer moins cher pour une qualité similaire ou meilleure est généralement tenté de choisir le produit d’Amazon.

Il faut souligner que ce n’est pas la première fois qu’Amazon est interrogé sur cette affaire. Un an plus tôt et un peu plus tôt dans ce mois, Amazon avait déjà déclaré devant le même comité qu’il n’utilisait pas les données de vendeurs tiers agrégées à travers sa plateforme de vente en ligne, et considérés comme propriétaires, pour déterminer les nouveaux produits à lancer. Si c’était le cas, non seulement Amazon risquerait de payer de lourdes amendes, mais verrait la confiance que les clients lui accordent s’envoler avec ses bénéfices.
Image Lors de l’interrogation qui a eu lieu il y a quelques heures, Pramila Jayapal a encore insisté sur le fait que les faits reprochés à l’entreprise sont réels. Elle ajouta que « le comité a interrogé des employés qui disent que ces violations se produisent généralement ». Et d’enfoncer le clou en affirmant ceci : « vous pouvez donc définir les règles du jeu pour vos concurrents, mais ne pas vraiment suivre ces mêmes règles pour vous-même ». Le président du comité, le représentant David N. Cicilline a pour sa part interrogé Bezos sur une entreprise de vêtements qui fabrique des produits pour les travailleurs de la construction et des pompiers. Cette enteprise a accusé Amazon d’avoir volé son idée. L’entreprise s’est retrouvée en concurrence avec Amazon, qui a soudainement fabriqué un produit identique et l’a vendu à un prix que l’entreprise de vêtements estimait ne pas être rentable. Ses ventes sont tombées « à zéro du jour au lendemain », a déclaré Cicilline.

Jamie Raskin a également abondé dans le même sens que les autres et a interrogé Bezos sur le fait que les haut-parleurs Amazon Echo inciteraient les utilisateurs à acheter les batteries de marque Amazon alors que ces derniers seraient tentés d’acheter des batteries d’autres marques. À ces allégations, Bezos a rétorqué qu’il ne savait pas si le service vocal Alexa qui fonctionne sur ses haut-parleurs Echo était « formé » pour promouvoir les produits de marque privée d’Amazon, mais a reconnu que l’entreprise présente ses produits sur la plateforme de vente en ligne d’une manière que les vendeurs tiers ne peuvent pas. « Je suis sûr qu’il y a des cas où nous faisons la promotion de nos propres produits », a déclaré Bezos, qualifiant cela de « pratique courante dans les affaires ».
Un autre sujet également difficile pour Bezos à donner des éléments de réponse sans compromettre son entreprise fut celui des objets contrefaits et volés vendus sur Amazon marketplace. Après plusieurs hésitations, le boss d’Amazon a reconnu que ces produits sont vendus sur sa plateforme, mais a suggéré en fin de compte que le Congrès adopte des lois plus strictes contre les fraudeurs. « J’encouragerais cet organisme à adopter des sanctions plus strictes pour les contrefacteurs et à augmenter les ressources des forces de l’ordre pour s’attaquer aux contrefacteurs », a déclaré Bezos.
Nous rappelons que l’an dernier, l’Union européenne a ouvert une enquête antitrust contre Amazon pour s’assurer que l’entreprise n’utilise pas sa position pour favoriser ses propres produits dans la sélection des vendeurs pouvant utiliser la « boîte d’achat ».

merci à Developpez.com
Image

Répondre